Vous n’avez pas de congés cet été mais vos enfants veulent à tout prix aller voir leurs grands-parents (ou plutôt la piscine de leurs grands parents) ? KidyGO vous apporte la solution ! Vous n’avez plus qu’à réserver des billets de train et sélectionner le Kiddy-sitter qui vous plaît le plus.

Pour vous présenter ce service innovant et résolument humain, Transport Shaker a rencontré l’une des deux co-fondateurs, Joanna Faulmeyer. 

Bonjour Joanna. Pouvez-vous, pour commencer, nous décrire en quelques mots ce qu’est KidyGO ?

Joanna : KidyGO est une solution dédiée à l’accompagnement des enfants dans le train. Plus concrètement, c’est une plateforme web qui met en relation les parents qui ne souhaitent ou ne peuvent pas faire l’aller-retour en train pour accompagner leur(s) enfant(s) et des voyageurs qui se proposent pour faire du baby-sitting durant le trajet. Les parents étant en contact avec le kidy-sitter avant le départ, il arrive parfois que ce « baby-sitting » ne se limite pas juste au train mais commence dès l’arrêt de métro ou le parking le plus proche du foyer familial.

Comment est née cette idée ?

KidyGO est née il y a un peu plus d’un an. À l’origine de ce projet, nous sommes deux, Thomas et moi. Nous étions dans la même école et dans la position des kidy-sitter c’est-à-dire qu’en tant qu’étudiant nous prenions régulièrement le train soit pour voir notre famille, nos amis, soit pour des entretiens. En parallèle de nos études nous faisions pas mal de baby-sitting, car comme beaucoup d’étudiants, les fins de mois ne sont pas toujours faciles… Du coup, l’idée de croiser ces deux besoins nous est venue. Après réflexion, on s’est rendu compte que côté parents le besoin était également fort.

De la genèse de l’idée au lancement du site en décembre 2014, quelles ont été les grandes étapes de cette start-up ?

Site_KidyGoL’idée de KidyGO est apparue au début de l’année 2014. Nous avons alors décidé d’effectuer une étude préalable auprès de notre entourage (étudiants et parents) afin de se rendre bien compte du besoin et de voir comment ce service serait perçu. Les premiers retours furent très positifs et laissaient entrevoir un réel potentiel. Nous avons donc lancé en mai 2014 une campagne de crowdfunding à partir de la plateforme « kisskissbankbank». À l’issue de cette campagne, qui a duré 40 jours, nous avons commencé une étude de marché plus approfondie et le design du site. C’est seulement à partir de fin octobre que Thomas a commencé à plein temps la conception et le développement du site pour une livraison de la version béta en décembre 2014.

De plus en plus de jeunes diplômés rêvent de lancer une start-up aujourd’hui. Quels ont été vos plus grands challenges en tant que jeunes entrepreneurs ?

La principale contrainte, le plus gros challenge si vous préférez, est l’absence d’un « réseau » au départ. En effet, que ce soit pour la communication autour du produit, comme pour les questions juridiques, administratives, bancaires, … il faut être bien entouré et ce n’est pas toujours évident lorsqu’on est deux jeunes entrepreneurs. Il y a de nombreuses erreurs qui peuvent être évitées lorsqu’on a un tant soit peu d’expérience. C’est pourquoi, très rapidement nous avons fait le choix d’entrer dans un incubateur d’entreprise (dès février 2014) afin de bénéficier du retour d’expériences des autres start-up et de partager la nôtre.

La seconde contrainte est d’ordre financière. Même si un des avantages du web est le faible nombre de charges fixes, il faut cependant trouver un minimum de ressources pour « vivre » et pour les quelques dépenses engagées pour l’entreprise. D’autant plus que nous étions toujours étudiants au début de l’aventure !

Enfin la dernière difficulté rencontrée est inhérente à KidyGO et plus généralement aux plateformes de type Marketplace. Ainsi, comme dans toute Marketplace vous avez deux types d’utilisateurs. Il faut donc constamment arriver à garder un parfait équilibre entre ces deux communautés. C’est le seul moyen d’avoir une réelle attractivité et dynamique…

Justement comme il s’agit d’une relation entre deux communautés, comment gérez-vous les problèmes liés aux plateformes collaboratives comme par exemple : « un Kidy-sitter ne vient pas » ou « annule au dernier moment » ?

Pour le moment, sur tous les trajets gérés, nous n’avons eu aucun problème (On touche du bois !).

Bien entendu, nous ne pouvons compter que sur cette bonne étoile et avons déjà engagé une réflexion autour de ces problématiques. Des premières actions ont d’ailleurs été lancées. L’une d’entre elles est la mise en place en juin dernier (lors du lancement de la seconde version du site) d’un système de notation qui permet aux parents de voir l’avis et l’évaluation des Kidy-sitter. Plusieurs autres devraient suivre dans les mois à venir…

Cela fait 6 mois que l’aventure KidyGO a officiellement commencé. Quel(s) bilan(s) tirez-vous aujourd’hui ?

Tout d’abord, ce qui nous a le plus (agréablement) surpris est la réelle attraction pour le produit des deux communautés ! En effet, dès son lancement nous avons eu la joie de compter plusieurs milliers d’utilisateurs.

Ensuite, nous avons très rapidement constaté l’importance de la notion de confiance dans un service collaboratif. Cette notion, essentielle pour les utilisateurs de KidyGO, est de ce fait notre principale priorité. La confiance est d’autant plus importante que ce service collaboratif implique ce qui est le plus cher au monde, les « enfants » !

Et pour ne pas tirer un bilan trop parfait (sourires), si nous devons citer un axe sur lequel nous devons accentuer nos efforts, ce serait la communication. En effet, nous devons désormais mettre davantage de moyens dans la communication. Il va donc falloir trouver des ressources financières pour y parvenir.

Qui dit jeune start-up innovante, dit « yeux rivés vers l’avenir »… Quelles sont donc vos projets pour demain ?

Nous avons aujourd’hui en tête deux principaux axes de développement.

Le premier est d’ordre géographique. Ainsi nous souhaitons pouvoir étendre KidyGO aux pays frontaliers voire même aux autres pays européens un peu plus éloignés. Nous avons d’ailleurs déjà des demandes pour des pays tels que l’Angleterre, la Belgique ou encore la Suisse.

Le second axe de développement réside dans l’élargissement de notre service aux autres moyens de transport. Notamment, l’essor du bus qui représente pour nous une belle opportunité. Nous réfléchissons également au transport aérien bien que ce dernier semble être plus contraignant au niveau réglementaire.

En attendant, il faut garder à l’esprit que nous avons encore un gros potentiel en France avec plus de 300 000 familles qui partagent ce besoin !

 Pour en revenir au service proposé, qu’est ce qui le différencie de « Junior & Cie » proposé par la SNCF ?

KidyGO n’est pas simplement concurrent de « Junior & Cie » mais permet bien de compléter l’offre proposée par ce service. En effet, ce service étant assuré par des employés de la SNCF, il est donc limité en termes de gares desservies (gare TGV uniquement), de trajets, d’horaires, de dates, …

Bagage_KidyGo

Sur le format ensuite, nous sommes différents. À travers « Junior & Cie » la SNCF met à disposition un employé pour 11 enfants. C’est donc bien un trajet en groupe avec tout ce que cela peut impliquer. Avec KidyGO on est sur une approche personnalisée. C’est un trajet pour une famille et une seule. L’accompagnateur pourra donc porter toute son intention sur le ou les enfants de la famille pour des activités tels que des jeux, devoirs scolaires, …

Comment se fait la rémunération des Kidy-sitter ?

Ce sont les parents qui fixent la rémunération. Ainsi, les parents vont poster sur le site une annonce avec le trajet souhaité et ce qu’ils proposent comme rémunération (remboursement intégral du billet, remboursement à 70%, rémunération, …). Pour vous donner un ordre d’idée, dans 80% des cas les parents proposent de rembourser le billet intégralement.

Donc pour les potentiels futurs kidy-sitter, il faut bien comprendre que ce service permet surtout d’économiser le prix du billet mais pas de gagner de l’argent en tant que tel comme dans une activité de baby-sitting classique.

Régulièrement, dans les différents médias, des histoires d’enlèvement d’enfants et autres faits d’actualités de ce genre sont rapportés. Comment abordez-vous ce problème de la sécurité ? Que diriez-vous aux parents réfractaires à KidyGO ?

Comme expliqué précédemment, instaurer un climat de confiance est une de nos priorités ! C’est pourquoi nous avons commencé à mettre en place des outils et que d’autres vont suivre. Par exemple, nous sommes en train d’étudier la mise en place d’un outil de contrôle des pièces d’identité. De même, une assistance 24h/24h avec un numéro d’urgence est actuellement à l’étude avec une assurance.

Sans parler d’outils, nous faisons souvent remarquer aux parents qui nous posent cette question légitime de la sécurité que lorsqu’ils engagent un(e) baby-sitter, c’est exactement la même situation. Si ce n’est encore plus « risqué » puisque la plupart du temps le/la baby-sitter se voit confier la garde du logement.

Enfin, lorsqu’une personne nous appelle en nous expliquant qu’il ne sait pas si elle peut faire confiance au kidy-sitter, le premier conseil que nous donnons systématiquement est que si elle a ne serait-ce qu’un soupçon de doute, il vaut mieux ne pas choisir ce kidy-sitter.

Pour finir sur une touche plus joyeuse, j’ai lu sur votre site que vous aviez pleins d’histoires à raconter. On peut en avoir une ?

Avec plaisir (sourires) ! Très récemment j’ai eu une maman au téléphone. Elle avait utilisé KidyGO pour sa fille. L’expérience fut un tel succès, que l’étudiante qui avait été choisie comme Kidy-sitter est désormais la baby-sitter régulière du foyer familiale durant le weekend…