En cette période de rentrée et malgré un hiver jusqu’à présent plutôt doux, nombre d’entre vous rêvent probablement de farniente sur le pont d’un navire sillonnant la Méditerranée ou les Caraïbes.

Des touristes ayant de plus en plus le pied marin…

Projet concret ou simple désir d’évasion, vous ne serez pas seul à lorgner sur une cabine à bord d’un grand navire alliant détente à bord et découverte sur la terre ferme.

Les croisières ont en effet le vent en poupe depuis plus de 10 ans et cela n’est pas près de s’arrêter d’après la CLIA (Association internationale des compagnies de croisières). Après une formidable augmentation de la demande entre 2008 et 2011, ce marché conserve un rythme de croissance très soutenu avec près de 24 millions de passagers attendus à bord en 2016 (soit 18% de plus qu’en 2014). En 10 ans, le nombre de clients dans le monde aura donc bondi de 73%, toutes destinations confondues.

Ecolos à bâbord, robots à tribord

Finie la traditionnelle croisière entre piscine sur le pont et soirée du capitaine ? Pas complètement. Cependant, dans ce marché en plein boom, deux initiatives récentes de croisiéristes ont retenu notre attention :

MSC Croisières et sa réserve naturelle privée aux Bahamas

MSC Croisières a annoncé mi-decembre avoir privatisé, pour 100 ans et moyennant 200 millions d’euros, une petite île des Bahamas de 38 hectares (avec 6 plages tout de même…), pour réaliser son Ocean Cay MSC Marine Reserve.  MSC veut faire de cette île un condensé de culture authentiquement bahamienne (habitations traditionnelles, artisanat, réserve marine, arbres et plantes locaux spécifiquement replantés…). Ses clients pourront la découvrir à pieds, en vélo ou en tyrolienne, lors d’excursions incluses dans leurs croisières.

Pour développer la vie nocturne et s’adapter aux attentes de tous, MSC prévoit également de proposer des restaurants, bars, spas et un yacht club. Les travaux devraient débuter début 2016 pour une ouverture au public en décembre 2017.

Costa et son équipage de robots

Costa, pour sa part, souhaite compléter le personnel à bord de ses navires : des robots Pepper (fabriqués par Aldebaran), devraient renforcer ses équipes pour orienter les passagers sur ses paquebots et les conseiller en termes d’activités à bord, de sorties ou encore de choix d’excursions. Cet accompagnement sera disponible en anglais, italien et allemand et ces assistants électroniques d’1m20 sauront analyser la voix et l’expression des clients pour adopter l’attitude qui conviendra et gérer les mécontentements…

Suite au test (concluant) réalisé fin 2014, les 30 robots commandés seront déployés dans les navires Costa Diadema et Aida Prima avant l’été 2016.

 

À l’abordage de la clientèle française ?

Ces initiatives innovantes séduiront-elles les clients français ? On estime à près de 600 000 le nombre de nos compatriotes qui prendront la mer en 2016. De plus en plus nombreux chaque année, ils se placent au 8è rang des clients de croisières dans le monde, loin derrière les 11 millions d’Américains adeptes de ce type de vacances entre terre et mer.

                            Source: CLIA 2014 Economic Impact Analysis

Quoi qu’il en soit, dans un secteur souvent perçu comme l’emblème du tourisme de masse ou le « all inclusive » est la norme, ces initiatives soulignent la prise en compte de sujets bien actuels comme la transformation digitale ou la protection du patrimoine (culturel et naturel). Simple effet d’annonce pour (tenter de ?) redorer leur blason et se différencier des concurrents ou tendance de fond ? On vous laisse juger…