Fin 2013, Amazon surprend tout le monde avec  un nouveau projet de livraison de petits colis : la livraison par drone. Moqué par certains qui jugeaient l’idée irréaliste, Amazon n’a pas tardé à créer son premier prototype courant 2014. La firme n’avait plus qu’un seul obstacle réglementaire à franchir avant de lancer son offre en grande pompe aux États Unis.

6 mois après sa demande d’autorisation pour exploiter l’espace aérien des villes américaines, la FAA (Federal Aviation Administration)  vient de donner le GO. Ce feu vert est à nuancer puisqu’il est soumis à de multiples conditions, et arrive surtout… trop tard selon Amazon !

Le nouveau service de livraison rapide d’Amazon 

Appelée « Amazon PrimeAir », cette nouvelle offre compte révolutionner la livraison des petits colis. Amazon s’était déjà démarquée en proposant un service de livraison premium avec une promesse client qui fait rêver plusieurs sites d’e-commerce : la livraison en 24h.

Amazon tape encore plus fort avec ce nouveau service qui non seulement parait futuriste (Imaginez  un instant des drones survolant nos villes pour le dépôt de colis), mais également très pratique puisque le client reçoit son achat au bout de 30 min seulement !

Adepte de la communication sensationnelle, Amazon a même préparé une petite vidéo illustrant l’usage de son service PrimeAir.

Amazon s’était lancé rapidement dans le prototypage de son projet ambitieux. Fin 2014, des drones étaient déjà prêts à être béta-tester aux Etats-Unis. Il ne restait plus que l’accord de la FAA pour inonder le ciel américain de ces engins.

 Les drones d’Amazon face à la réglementation américaine      

Amazon a d’abord essuyé un refus de la part de l’organisme réglementaire FAA. La fédération américaine de sécurité aérienne a émis des doutes sur la viabilite de ce service. Dans un document publié en Juin 2014, l’agence précise sa politique sur les vols de drones dans les espaces urbains : elle prohibe clairement l’utilisation des drones à des fins commerciales, que ce soit pour des livraisons gratuites ou payantes.

Cette décision a poussé Amazon à chercher d’autres terrains de jeu pour expérimenter son service. Le Canada et la Grande Bretagne, fort de leurs réglementations souples, semblaient être une bonne alternative pour tester, en grandeur nature, le service Prime Air.

Étonnamment, la FAA est revenu sur cette décision courant Mars 2015, et donne le feu vert à Amazon … mais sous condition !

D’abord, la FAA souligne qu’il s’agit d’une autorisation dans un cadre expérimental uniquement, ensuite, elle précise une myriade de conditions : l’altitude de vol est limitée à 122 mètres, les engins ne devraient voler que le jour et lorsque les conditions météorologiques le permettent, et enfin, les drones devraient voler à vue du pilote qui doit être titulaire d’un brevet de pilotage.

En plus, Amazon devra envoyer des données sur ces vols de manière mensuelle : nombre de vols réalisés, durée de vol, nom du pilote, nombre de dysfonctionnements constatés….

Face à cette nouvelle décision, Amazon vient de réagir en précisant que le GO de la fédération … arrive trop tard.

En effet, dans un communiqué de presse, le leader de l’achat en ligne, précise que l’autorisation porte sur une ancienne version des drones ! Amazon a déjà conçu une nouvelle génération de drone-facteur qui s’aligne avec les nouvelles avancées technologiques.

La firme a  resoumis une demande d’autorisation pour ces drones V2 … elle espère cette fois une confirmation rapide pour lancer au plus vite son service sur le sol de l’Oncle Sam.

Qu’en est-il des autres pays ?

Face à la première décision négative de la FAA, Amazon avait commencé l’inspection de nouveaux terrains de jeu pour son service. Le canada et la Grande Bretagne sortant du lot, la firme décide d’envoyer des équipes R&D sur place pour développer l’expérimentation des drones.

Le projet est déjà en place depuis quelques mois, Amazon ne devrait pas tarder à servir ses premiers clients canadiens et anglais.

En France, la loi autoriserait Amazon à réaliser ses tests. Il est permis en effet d’utiliser des drones commerciaux mais l’exploitation des engins est cadrée. Amazon devra obtenir l’autorisation pour le survol des zones souhaitées, les appareils devront être homologués par la Direction Générale de l’Aviation Civile, et les pilotes titulaires d’un diplôme d’ULM.