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Vous les avez sans doute remarqués… Ils sont encore peu nombreux et demeurent silencieux mais  ils sont là, ils nous entourent,  nous contournent. Tels des super-piétons qui glissent avec légèreté sur l’asphalte de nos trottoirs. Chaque contact avec cette nouvelle forme de mobilité  suscite surprise et questionnement. Gyropode, gyroroue, ou encore hoverboard. De quoi parle-t-on? Tous ces équipements se valent-t-ils et sont-ils révolutionnaires? J’ai tenté d’éclaircir le sujet et je vous propose une présentation, dans l’ordre de leur naissance, de la famille des véhicules gyroscopiques. Mais avant tout, retour aux origines…

Un point commun : la technologie gyroscopique

gyroscopeComme je ne veux pas pas perdre la moitié des lecteurs dès le début de cet article, je ne vous parlerai pas de conservation du moment angulaire ou de nutation d’un solide en rotation. Retenez simplement que le gyroscope, au même titre qu’un célèbre pendule, a été inventé par Léon Foucauld au milieu du XIXème. Ce sont à peu près ces mêmes gyroscopes que l’on retrouve dans ces 3 véhicules et qui, à raison d’une centaine de fois par seconde, transmettent la position angulaire de l’engin par rapport au sol, à un ordinateur central. Ce dernier calcule en conséquence la vitesse à donner aux roues pour que le véhicule reste parallèle au sol. Bref, plus vous vous penchez en avant, plus vous allez vite. C’est un peu comme quand vous marchez en vous déséquilibrant vers l’avant : votre oreille interne (le gyroscope) le détecte et votre cerveau (l’ordinateur central) fait accélérer la cadence ou l’amplitude de vos pas (les roues) pour compenser ce déséquilibre.  Et maintenant, les présentations…

L’ainé : Le gyropode ou Segway

Celui-ci est assez facile à identifier : premier engin du genre, il a vu naître la technologie gyroscopique appliquée à la mobilité. Inventé par l’américain Dean Kamen en 1999 il fût initialement commercialisé par la société américaine Segway. Notez bien que contrairement à ce que dit la légende, l’inventeur n’est pas mort à cause de son invention. D’ailleurs, il continue à exprimer son génie à travers différentes inventions notamment en robotique médicale. Par contre, en 2010, Monsieur Jimi Heselden, alors récent acquéreur de la société, fait effectivement une chute mortelle en Segway depuis une falaise. Voilà un peu pour l’histoire, l’invention n’a pas tué l’inventeur mais l’investisseur…

Ce véhicule est donc arrivé sur le marché au milieu des années 2000, porteur d’une véritable révolution technologique qui n’a pourtant pas pris auprès du grand public. Les raisons ? Un prix trop élevé autour de 10 000 euros, un encombrement et un poids de 50kg beaucoup trop conséquents pour un véhicule à usage citadin.

Il a donc fallu changer de ciblage marketing. Du touriste ou randonneur en quête d’insolite, au golfeur avant-gardiste et fainéant qui frime avec son « gyro-caddy », le Gyropode a trouvé son nouveau créneau.  Il est aussi fort efficace pour des campagnes de Street Marketing. Par forcément plus voyant, il est plus amusant et innovant que les traditionnels hommes sandwich. Dans les zones piétonnes, c’est aussi un bon moyen pour la police de prendre un peu de hauteur et de gagner en rapidité de déplacement. Et n’en déplaise à la garde républicaine, un Segway demeure plus maniable qu’un cheval…

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Enfin, certaines entreprises ont considérablement réduit le poids et l’encombrement  de leur gyropode pour s’adresser aux  professionnels parcourant  des distances trop importantes sur leur lieu de travail : grands sites industriels, entrepôts, aéroports, gares…
Pour conclure, les deux gros points forts du Gyropode sont sa stabilité et son autonomie, lesquelles offrent une vraie alternative sur les trajets trop longs pour être effectués à pied et trop courts pour l’usage de la voiture.

Le cadet : La Gyroroue

La Gyroroue, monoroue ou e-roue a été conçue aux Etats-Unis en 2006 et commercialisée en 2011, soit 10 ans après le Segway dont sa technologie s’inspire assez significativement. Les différents constructeurs de véhicules gyroscopiques (Segway, Ninebot, Solowheel..) se font d’ailleurs la guerre et revendiquent tous la paternité des différents brevets.

La Gyroroue a un aspect très rudimentaire : une roue, un carénage, des cales pieds et… c’est tout ! Et honnêtement, elle n’inspire pas franchement confiance… À moins d’être doté d’un talent particulier, il vous faudra plusieurs heures de pratique pour trouver votre équilibre et arrêter de distribuer des claques à tous les piétons que vous croisez. Et non… en monoroue, n’a pas le swag qui veut ! Et c’est pourtant en partie le style qui motive les adeptes de la monoroue.

Outre l’agréable sensation de glisse une fois l’engin maitrisé, la gyroroue offre aussi à ses utilisateurs le plaisir d’être différent : super-piéton admiré de tous…Il existe un véritable sentiment d’appartenance à un groupe qui s’exprime aussi par l’apparition d’une communauté de « Wheelers ». Ces derniers partagent leur expérience sur des blogs dédiés (ex : www.wheelers.fr) et organisent des rassemblements pour arpenter les rues de Paris. On pourrait presque parler d’une culture underground liée à l’objet dont la fonction première de moyen de déplacement est détournée pour inventer des figures. Certains constructeurs ont même pensé à l’enceinte Bluetooth intégrée pour mettre en musique cette nouvelle discipline.

mono roue underground

En plus de l’effort d’apprentissage que nécessite la monoroue, d’autres éléments affaiblissent l’attractivité du produit. Son prix d’abord, entre 1000 et 2000 euros, n’est pas à la portée de tous. Et un aspect pratique vient aussi freiner sa popularité : son poids d’environ11kg, n’est pas négligeable lorsque la batterie est déchargée et qu’il faut continuer à pied. Enfin, son autonomie (10-15km) est relativement bonne, mais elle n’est pas suffisante pour remplacer la totalité des déplacements en transport. Alors, la gyroroue ne serait-elle qu’un simple accélérateur de marche ?

Le benjamin : Le Gyroskate 

Marty McFlyEt enfin, voici le petit dernier de la famille, né en 2013… Aussi appelé Hoverboard en référence au skate de Marty McFly dans Retour vers le Futur. La comparaison est d’ailleurs un peu exagérée car si Marty plane au-dessus des trottoirs, l’utilisateur du gyroskate doit quant à lui gentiment descendre de sa planche pour passer les trottoirs. Il vaut donc mieux se limiter à une utilisation indoor.  À l’instar de l’ancien boxer Mike Tyson qui cherche toujours son équilibre (confère ce Bad buzz) ou encore de Justin Bieber qui a lui aussi bien contribué à populariser le produit à travers différents clips.
Un autre léger défaut  discrédite davantage le produit : ses propriétés très inflammables… Plusieurs modèles, particulièrement bon marché (à partir de 400€) ont dû être retirés de la vente suite à des combustions instantanées lors de leur utilisation ou de leur recharge. Des défaillances sur les batteries au lithium ont ainsi provoqué plusieurs incendies et quelques séjours à l’hôpital. De quoi entacher le succès commercial de ce nouveau produit qui avait pourtant démarré sur les chapeaux de roue : selon le site Buzzfeed, fin 2015, il se vendait sur eBay deux hoverboard par minute. À voir donc, si le succès des hoverboard est un simple feu de paille ou si ce nouveau produit enflamme vraiment les foules ?

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Petit bilan

Ces trois véhicules gyroscopiques présentent donc des différences assez marquées : prix, poids, facilité de prise en main… Différence de cibles aussi : Les entreprises ou collectivités pour le gyropode les citadins branchés pour la gyroroue et les adolescents ou célébrités un peu « déséquilibrées » (ou plutôt déstabilisées ?) pour l’hoverboard.

Ils ont toutefois pour point commun l’incertitude quant à leur capacité à se différencier d’autres types de mobilités douces tels que le vélo ou la trottinette électriques. Ce défi s’orientera certainement autour d’un degré plus avancé de miniaturisation, d’une autonomie accrue et d’une technologie plus perfectionnée offrant davantage de stabilité. La baisse des prix sera elle aussi déterminante. Ces équipements pourraient réellement s’imposer comme des mobilités alternatives. Affaire à suivre…