Évoqué pour la première fois en 1998, le CDG Express (CDG-E) devrait voir le jour en 2023, soit 25 ans plus tard et proposer une liaison directe de 32 kilomètres entre l’aéroport Charles de Gaulle et la gare de l’Est. Un trajet express, mais aussi très couteux avec un prix prévisionnel annoncé autour des 23 euros contre 10 euros actuellement en RER.

Relier le cœur de Paris à l’aéroport CDG en seulement 20 minutes

Il s’agit là du projet d’une liaison ferroviaire sur le modèle de ce qui s’est fait ailleurs dans les grandes capitales comme Londres, Oslo, Moscou, Vienne, Milan, Shanghai, Tokyo, New York, Kuala Lumpur…

Le consortium composé de l’État, SNCF Réseau et les Aéroports de Paris entend bien se lancer à son tour. Le projet est estimé à plus de 1,7 milliard d’euros et le premier coup de pioche prévu pour 2017.

La réalisation de cette liaison nécessitera nécessitera la construction d’un souterrain de 700 mètres pour relier les voies de la gare de l’Est à celle de la Gare du Nord, la requalification des voies de l’ancienne ligne Plaine – Hirson puis la création de 7 kilomètres de voies ferrées jusqu’à l’aéroport en complément de l’infrastructure existante.

CDG express plan

Un projet dont la viabilité reste à prouver

Des liaisons de ce type existent déjà en France, avec l’Orlyval et le Rhônexpress, et rencontrent aujourd’hui encore des difficultés : un prix jugé trop élevé et un manque d’accessibilité en ce qui concerne l’Orlyval, avec son terminus à Antony.

Le CDG-E risque de se retrouver face à une concurrence tout aussi rude. Le RER B, fort des investissements engagés avec le programme « RER B nord + » fait peau neuve et offrira une correspondance avec le futur Tram Express Nord constituant une réelle alternative de transport vers l’aéroport sans passer par Paris.

À long terme, la ligne 17 du Grand Paris Express reliera à son tour l’aéroport à Saint-Denis-Pleyel offrant une correspondance avec la ligne B mais aussi avec la ligne 14 pour Saint-Lazare et avec la ligne 15 vers le quartier de la Défense. Cette concurrence sera accrue si l’actuel dézonage des abonnements franciliens reste en vigueur.

Le CDG-E semble vouloir se faire une place au sein du Grand Paris avec la promesse client d’un accès rapide à l’aéroport et d’un niveau de service supérieur à celui des autres offres de transport. Avec un prix prévisionnel autour des 23 euros, il y a fort à parier que c’est la clientèle d’affaires et touristique, recherchant confort et simplicité d’un trajet direct, qui sera prête à payer le prix fort. Le choix du matériel roulant et les services proposés seront prépondérants pour que le CDG-E s’affirme comme une offre premium.

De nombreux éléments restent donc à définir pour finaliser le cadrage du projet. La loi Macron  votée le 19 février dernier permet d’accélérer la réalisation de ce type de liaison afin de répondre à « des échéances à caractère international » : Paris a voté le 13 Avril sa candidature pour les JO de 2024, venant s’ajouter à la candidature pour l’Expo Universelle de 2025.

Fini de traîner : CDG Express Études, créée en juin 2014 et dotée d’un budget de 12 millions d’euros doit réaliser les études techniques, les prévisions de trafic et fixer les tarifs. Une chose est sûre, Paris et ses aéroports espèrent bien être au rendez-vous pour redorer l’image de la capitale et de ses transports. Le plus dur finalement restera de séduire les franciliens.