Le mercredi 26 novembre dernier s’est tenue la journée d’information de la PREDIM (Plateforme de recherche et d’expérimentation pour le développement de l’innovation dans la mobilité). Entité publique, elle permet d’échanger et d’élaborer des solutions multimodales afin d’aider les différents acteurs du transport à se coordonner.

Les nombreuses conférences qui se sont succédé portaient sur la mutualisation. Reprenons dans l’ordre les questions qui étaient posées comme fil rouge de la journée : « La mutualisation. Est-ce souhaitable ? Est-ce possible ? Comment faire ? »

La mutualisation : est-ce souhaitable ?

OUI.

La mutualisation présente un certain nombre d’avantages pour les organisations publiques :

La baisse de la dépense publique, notamment grâce au groupement de commande, peut être significative. Par exemple, la carte de transport ATOUMOD en Haute-Normandie, qui réunit 15 AOT (autorités organisatrices de transport), a permis l’économie de 3,5 millions d’euros.

Du point de vue de l’usager, la mutualisation présente parfois l’avantage de diminuer le nombre d’acteurs apparents et le nombre d’opérations nécessaires, ce qui simplifie ses déplacements multimodaux. Avec ATOUMOD, une seule carte permet de se déplacer dans l’agglomération rouennaise, d’aller du Havre à Dieppe, et d’emprunter le réseau d’Évreux.

La multimodalité peut être améliorée grâce à la mutualisation en proposant des solutions qui intègrent dans leur principe même plusieurs modes de transport, du bus à la voiture, en passant par le métro et le train. C’est l’ambition de CLAIRE SITI, une plateforme développée par l’IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux).  

La mutualisation : est-ce possible ?

  OUI MAIS…   Si la mutualisation est réalisable, elle fait face à un certain nombre d’obstacles. Le nombre d’acteurs impliqués dans un projet doit être suffisant pour que celui-ci soit viable financièrement. Par exemple, l’appel d’offres mené par l’AFIMB qui visait à acheter un service de télébillettique NFC fonctionnel sur tout le territoire français a échoué en raison du nombre insuffisant d’AOT impliquées : les prix proposés restaient trop élevés. Plus le nombre d’acteurs impliqués dans un projet est élevé, plus la gouvernance est complexe, et le consensus difficile à obtenir.

La mutualisation nécessite parfois un montage financier complexe et difficilement viable. C’est le cas par exemple pour la mutualisation du stationnement. S’il permet d’optimiser le stationnement en fusionnant un parking réservé aux appartements et un autre réservé aux bureaux, la vente d’un parking sans appartement n’est pas rentable. Il est donc difficile de convaincre des investisseurs de s’impliquer dans de tels projets.

Enfin, la mutualisation peut occasionner des défis techniques : il faut des systèmes d’information en interaction, mais également mettre en cohérence les processus d’organisation.

La mutualisation : comment faire ?

La journée d’information du PREDIM permet d’apporter quelques enseignements à partir des exemples exposés :

Il est fondamental d’exposer clairement les conditions du partage : le gain et les coûts doivent être énoncés sans ambigüité pour les protagonistes afin d’instaurer une relation de confiance.

Les concepts et formats d’échange doivent être les mêmes afin de s’assurer que l’on parle la même langue et donc de se comprendre.

L’ouverture des données est une condition de fonctionnement et doit être poursuivie ; elle permet notamment la mise en place d’outils qui intègrent des données issues de sources différentes. Il est fondamental de mettre celles-ci en commun. Ainsi, si la mutualisation apparaît comme un élément fondamental du développement de la multimodalité, de nombreux obstacles se dressent encore sur sa route. C’est là que réside justement l’intérêt d’institutions comme la PREDIM, qui rassemblent les différents acteurs du transport autour de la table afin de constituer ensemble des solutions.