Dans le cadre du contrat liant le STIF et la RATP sur la période 2016 – 2020,  la régie s’est engagée fin 2015 à investir plus de 8 milliards d’euros sur la période pour rénover le matériel roulant, dont les rames de métro et RER. D’autres chantiers sont également prévus, toujours dans l’objectif d’améliorer la qualité de service. La SNCF est également mise à contribution en tant qu’opérateur d’une partie du réseau ferré avec Transilien.

Un ambitieux plan de renouvellement du matériel roulant

Début 2016, c’est Valérie Pécresse qui jetait un véritable pavé dans la marre en promettant lors de sa campagne aux élections régionales le renouvellement de 700 rames du réseau francilien. Une promesse jugée à l’époque irréaliste par certains. Et pour cause, l’objectif était ambitieux puisqu’il était question de trouver le financement d’une part (8,5 milliards d’euros sur six ans) et de réaliser l’opération de renouvellement d’ici la fin de son mandat (en 2021) d’autre part. Pourtant, le projet semble plutôt bien engagé. Un plan d’action présenté par les opérateurs du réseau francilien (RATP et SNCF) l’été dernier faisait état d’un peu plus de 700 rames rénovées d’ici à 2021 et quelque 300 rames supplémentaires commandées, pour une livraison à partir de 2022. Néanmoins, tout n’est pas dû à l’effet « Régionales » : près de la moitié des 700 rames en question avaient été commandées avant la promesse de Mme Pécresse.

Concrètement, certains effets de ce plan d’investissement sont déjà visibles en 2017. Très récemment, c’est le RER A qui a été totalement doté de rames à deux étages. Cet investissement devrait permettre d’augmenter la capacité de la ligne la plus fréquentée d’Europe (1,2 millions de passagers par jour) de près d’un tiers. En parallèle, la RATP et le STIF continuent le programme de RVB (renouvellement voie et ballast) entre Nanterre-Préfecture et Vincennes. A ce titre, le trafic est totalement interrompu pendant un mois, et ce tous les étés depuis 2015. Enfin, le RER A sera doté d’ici 2018 d’un pilotage 100% automatique sur son tronçon central (Paris intra-muros), dans l’objectif d’améliorer encore la régularité (gain de temps estimé jusqu’à trois  minutes).

D’autres lignes sont aussi en cours de renouvellement. Fait étonnant, la ligne 14 du métro, pourtant récente, fait partie des priorités. Il est question de remplacer les rames actuelles par de nouvelles ayant une capacité d’accueil plus importante : de six voitures sur les actuelles MP05, on passerait à huit sur les nouvelles MP14. Ces rames seront également plus conviviales et confortables (intérieur repensé, portes plus larges, système de climatisation intelligent, etc.). Le MP14 sera également doté d’un système de freinage innovant qui récupère de l’énergie lors de phases de freinage, permettant près de 20% d’économie d’énergie par rapport au MP05 selon son constructeur, Alstom. L’ambition affichée est d’achever ce renouvellement d’ici à 2019, date à laquelle la 14 devrait desservir Saint-Denis dans le cadre du Grand Paris. L’enjeu est de taille puisque cette ligne est censée désengorger la ligne 13 et devenir l’épine dorsale du réseau.

D’autres chantiers pour l’amélioration de la qualité de service

Outre l’aspect matériel roulant, d’autres chantiers sont prévus dans le contrat signé entre le Stif et les opérateurs. Parmi les priorités de l’autorité organisatrice, on retrouve :

La modernisation des stations. Premier point de contact entre l’usager et le transporteur, elles font partie intégrante de l’expérience voyageur. Pour certaines, elles sont même un point névralgique du réseau (Châtelet, Gare du Nord, La Défense, etc.), à la fois hubs multimodaux et espaces de services. Avec son programme « Un Métro + beau » lancé en 1998, la RATP va ainsi investir près de 500 millions d’euros pour rénover la totalité de ses stations d’ici 2023.

L’amélioration de l’information voyageurs. Maître-mot de ce chantier : le temps réel. Au 31 mars 2017, plus de 2500 écrans d’information en temps réel étaient installés sur le réseau RATP. A terme, l’ambition affichée dans le contrat STIF est d’équiper la totalité des stations de ce type d’afficheur, tout mode de transport confondu, et pour tous les opérateurs. Le contrat prévoit également le renforcement des moyens humains pour mieux informer le voyageur, notamment en situation perturbée.

L’amélioration continue de la ponctualité. Un des principaux irritants des usagers, la ponctualité sera surveillée de près par un comité dédié. Il sera chargé de mesurer les écarts entre les temps de parcours théoriques et les temps de parcours réels, notamment sur les RER A et B, les deux lignes ferroviaires les plus fréquentées d’Europe avec respectivement 1,2 million et 870.000 voyageurs par jour.

Toutes ces mesures ont un coût, dont une partie est directement répercutée sur les usagers. Après la révision tarifaire du Pass Navigo en août 2016, il est probable qu’une nouvelle hausse soit annoncée cet été, d’autant que la question du financement du Grand Paris Express – le futur métro qui desservira le pourtour de la capitale – reste ouverte.