Il y a quelques jours, Aéroports de Paris dévoilait au grand public sa nouvelle image commerciale, sous la marque Paris Aéroport. Derrière ce changement de nom se cache un plan stratégique à horizon 2020 qui se veut ambitieux, et axé principalement sur l’amélioration du service auprès de ses clients, voyageurs et compagnies aériennes.

Misant sur 5 milliards d’Euros d’investissements sur 4 ans, le groupe ADP s’appuie sur son principal levier de croissance : attirer de nouveaux voyageurs, principalement en correspondances, en améliorant l’attrait de ses plateformes. Cependant, aucun projet de nouveau terminal n’est prévu pour les prochaines années. A la place, le groupe gérant les 3 plateformes parisiennes mise sur une remise à niveau des terminaux existants en suivant 3 objectifs : améliorer l’expérience voyageur, augmenter les surfaces commerciales, et créer des services additionnels pour les compagnies aériennes.

Faire renaître l’aéroport d’Orly

Principal aéroport touché par ce vaste programme de modernisation, l’Aéroport d’Orly recevra à lui seul 1,5 milliards d’Euros d’investissement. Le diagnostic est clair : aujourd’hui en dessous des standards européens en termes d’accueil, Orly jouit néanmoins d’une forte côte auprès des voyageurs de court et moyen courriers, en raison de sa proximité avec le centre de la capitale et sa taille modeste. L’objectif est de hisser cet aéroport au niveau des meilleurs standards mondiaux afin d’accompagner sa croissance portée de plus en plus par les vols internationaux (60% du trafic), principalement à destination de l’Europe et de la Méditerranée. Sur les dix dernières années, le trafic est passé de 22,5 à 30 millions de passagers annuels, quand bien même le nombre de mouvements d’aéronefs paris-aeroport-logo-800x533 (1)a stagné, en raison des limitations réglementaires.

Démarré il y a deux ans, le principal chantier consiste en la création d’une nouvelle salle d’embarquement, tout juste inaugurée, ainsi qu’en la construction d’un bâtiment de jonction de 80.000 m2 qui reliera en 2019 les terminaux Sud et Ouest. L’aéroport ambitionne ainsi de n’avoir qu’un seul terminal, plus simple d’utilisation, et composé de divers halls d’embarquement.

Généraliser les recettes du succès à Charles de Gaulle

Sur la plateforme Charles de Gaulle, mission est donnée de simplifier le parcours voyageur. Après plus d’une décennie de grands travaux qui auront permis de sortir de terre le gigantesque hub SkyTeam (AirFrance et partenaires), dont le dernier terminal a été plébiscité par les voyageurs du monde entier, ADP souhaite offrir un niveau d’accueil équivalent dans ses plus anciens bâtiments.

D’un côté, les terminaux 2B et 2D, dont le premier est fermé depuis 2 ans pour rénovation lourde, seront connectés par un bâtiment de jonction. Une opération réalisée avec succès il y a 2 ans sur les terminaux voisins 2A et 2C. De l’autre côté, le très ancien terminal 1, aux multiples petits bâtiments d’embarquements, qui ne sont pas adaptés aux besoins des passagers en correspondance. Là aussi, une jonction des zones d’embarquement pour les vols internationaux est prévue. Le résultat attendu de ces opérations est clair : améliorer la circulation et développer une véritable offre de shopping, manquante dans les anciens bâtiments par manque de place.

Les améliorations auront également lieu en coulisse, avec un grand programme d’amélioration de la fiabilité du processus de traitement des bagages du hub SkyTeam. A la clé, une réduction notable du temps d’attente aux arrivées, et moins de bagages perdus.

Répondre aux besoins du voyageur de demain

15121210497_d8c23b7532_oL’objectif à horizon 2020 est désormais de répondre aux changements de comportement des voyageurs, et de simplifier et personnaliser la relation client, grâce au digital.

Outre une nouvelle version de l’application mobile MyAirport qui permet au voyageur de simplifier son passage à l’aéroport, le groupe généralise les tablettes pour le personnel d’accueil, et prévoit le lancement d’un programme de fidélité. Ce dernier permettra aux voyageurs de cumuler des points lors de leurs achats dans les boutiques des aéroports parisiens où en payant leur parking. L’entreprise vise ainsi à augmenter le panier moyen du voyageur, pour atteindre les 20 euros.

Améliorer l’accessibilité

Annoncé depuis 20 ans, porté par le groupe Vinci puis abandonné par manque de rentabilité, le projet de liaison ferrée directe Paris– Aéroport Charles de Gaulle se concrétise enfin, avec l’approbation de l’Etat. Cofinancée par ADP et SNCF Réseaux, celle-ci doit mettre l’aéroport à 20 min de la Gare de l’Est à horizon fin 2023. Pour ADP, il en va de l’image même de son aéroport phare, largement ternie par la piètre expérience des voyageurs lors de leur trajet vers le centre de la métropole. Un projet complexe et coûteux, et pour lequel certaines oppositions subsistent toujours quant au tracé de la nouvelle ligne.

En parallèle, ADP crée en 2016 une nouvelle liaison premium en autocar : Bus Direct. Un service qui n’a de nouveau que le nom, le groupe reprenant à son compte les services des Cars Air France, qui seront opérés par Keolis, moyennant quelques améliorations de dessertes.

Après 10 ans d’investissements lourds dans de nouveaux terminaux, ayant permis la mise en place du hub de Charles de Gaulle, et pérennisé la capacité d’accueil sur plusieurs années, ADP mise sur la qualité de services. Une stratégie qui a déjà montré ses fruits au regard des progressions fulgurantes enregistrées par l’aéroport du nord-est Parisien dans tous les classements ces dernières années. En parallèle, le Salon Première Air France accédait en 2015 à la première place du podium mondial selon le classement des internautes de Flight Report. Des résultats positifs qui donnent bon espoir pour l’avenir des aéroports franciliens.