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Les transports à San Francisco : un développement hybride

Ville emblématique de la côte ouest américaine, berceau des fameux jeans Levi’s, terre d’accueil de la Silicon Valley et de ses entreprises ultra-innovantes, San Francisco est pourtant une métropole pleine de contrastes. 5ème ville touristique du pays, the city by the bay peine en effet à développer une offre de transport cohérente et efficace. La faute à l’étendue de sa zone urbaine, à un relief escarpé avec plusieurs dizaines de collines, mais également au manque d’efficacité des politiques publiques depuis de nombreuses années…

Des pouvoirs publics à l’impact limité…

Comme toutes les grandes villes américaines qui se respectent, San Francisco fait la part belle aux automobiles : 79% des déplacements dans la baie de San Francisco se font en voiture. La majorité de l’espace urbain est organisé afin de privilégier ce mode de transport.

Un premier plan nommé Transit First avait été lancé en 1973 pour servir de cadre de référence aux autorités publiques gérant les transports dans et autour de la Baie. L’objectif de ce texte était de mettre en avant leRed bus lane marked on asphalts modes de transports alternatifs à la voiture mais sans réellement promouvoir de solutions, ni être concrètement suivi d’actions très efficaces. À titre d’exemple, des couloirs de bus avaient été mis en place mais le manque de visibilité au sol les avaient rendu inefficaces. C’est seulement en 2014 que des couloirs de bus aux couleurs spécifiques avaient été installés.

Cependant, un des problèmes majeurs de la baie de San Francisco reste l’éclatement des autorités responsables de l’organisation du transport et le manque cruel de financement. Au total, 15 autorités de transports ont en charge la gestion du réseau autour de la baie. Fondée en 2000, la San Francisco Municipal Transportation Agency (SFMTA) tente d’apporter un premier élément de réponse en regroupant à la fois le MUNI (un des principaux réseaux de métro de la ville) ainsi que l’autorité responsable des parkings et la commission des taxis. Son budget de 900 millions de dollars (six fois moins important que celui du STIF), en net recul depuis 2008, ne lui permet pourtant pas d’assurer correctement l’entretien du réseau actuel et a fortiori son développement. Ce manque d’investissement et cet éclatement des acteurs engendrent aujourd’hui des temps de parcours rallongés et segmentés.

Ces dernières années marquent cependant un tournant dans la politique de la ville puisque celle-ci se veut plus impliquée dans l’amélioration de la qualité du transport. Baisser  le temps d’attente de près d’une heure par semaine mais également renforcer la sécurité en se fixant l’objectif de zéro tués en 2024 sont ainsi évoqués comme des enjeux clés.

L’un des objectifs reste évidemment la promotion des transports doux : la ville veut faire passer sous les 50% le nombre de déplacements en voitures d’ici à 2024 à travers le Transbay Center Project et se dote de transports publics écologiques comme avec l’acquisition de centaines de vélos répartis à travers la ville et d’une flotte de bus électriques entièrement renouvelée d’ici à 4 ans.

Golden Gate bridge

Un secteur privé qui en profite pour prendre l’initiative

Face à ces difficultés, ce sont les entreprises privées qui prennent désormais le jeu à leur compte, ce qui n’est pas étonnant quand on connait la capacité d’innovation de la Silicon Valley, qui borde la Baie de San Francisco. Nous vous parlions il y a quelques mois du nouveau service de bus revisité par la société Leap et les exemples du même genre sont nombreux : Zipcar, UberPop, Lylt proposent eux aussi de nouveaux services de mobilité en se basant sur le numérique et les objets connectés…

Si les entreprises regorgent d’idées, toutes ne sont pas couronnées de succès. La mise en place de bus privés par Google et Facebook avait par exemple créé la polémique lors de leur lancement. La société Uber est également dans le collimateur de la justice californienne, et a dû s’acquitter en juillet d’une amende de plus de 7,3 millions de dollars pour absence d’informations auprès des autorités californiennes. Le statut des chauffeurs Uber avait auparavant été modifié par la Commission du Travail de Californie. Cette dernière estimait en effet que les chauffeurs devaient être considérés comme des salariés à part entière.

L’innovation privée s’installe donc progressivement au cœur de l’offre de transport à San Francisco et les projets futuristes des inventeurs sont encore nombreux Le projet de train à très grande vitesse Hyperloop, permettant de relier les 600 km de Los Angeles à San Francisco en 35 minutes ou bien la nouvelle Google Car témoignent de l’activité et du pouvoir créateur de la région.

Bicycles wheels are seen in a public bicycle point

La ville de San Francisco tente de son côté d’accompagner ce mouvement des entreprises privées qui représente une vraie solution face aux problèmes actuels. De nombreuses mesures visent à faciliter le développement des initiatives privées. La municipalité va ainsi proposer 900 places de parking réservées aux voitures en autopartage. Un terrain d’accord a également été trouvé avec Google pour que ses bus puissent utiliser les arrêts de bus de la ville contre le paiement d’une taxe. Au-delà des formidables avancées technologiques, c’est bien dans cette nouvelle répartition des activités, entre monde public et privé que se situe la vraie révolution san-franciscaine…

Antoine Texier

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