Transport Shaker est allé à la rencontre de la startup Stopeen, qui propose un service d’alarme intelligente pour avertir l’usager des bus parisiens de l’approche de son arrêt, lui évitant les regards incessant sur l’affichage « prochain arrêt ». Ce fut l’occasion d’échanger avec son fondateur, Nicolas Form, diplômé de l’INSA Rennes. Après des expériences en tant que développeur Android chez GameLoft Mexique et manager technique & commercial chez Altim France couplées à une participation au start-up leadership program, il est actuellement CEO et CTO de Stopeen.

Pouvez-vous nous présenter succinctement votre application Stopeen ?

Stopeen vise à améliorer la qualité de vie des trajets en transport en commun. Pour cela, elle permet d’une part aux usagers des transports en commun d’être alertés à l’approche de leur arrêt, et d’autre part de consulter à tout moment l’estimation du temps de trajet restant.visuel_stopeen_web3

À ce jour, l’application est disponible sous Android, fonctionne sur l’ensemble du réseau de bus parisien et repose sur un algorithme complexe couplant des informations GPS et des estimations moyennes de trafic. En cas de perte du signal GPS ou de mauvaise qualité de couverture, l’application passe en prédiction, et l’usager reste averti de l’arrivée de sa station.

Avez-vous dès à présent des perspectives d’évolution de l’application ?

Les perspectives sont nombreuses, tant en termes de fonctionnalités, que de terminaux supportés ou de villes cartographiées.

Lscreen_alarmes premiers retours des utilisateurs convergent vers une proposition de récurrence de l’alarme : dès juillet, un trajet quotidien pourra être intégré par l’application, et il ne sera pas nécessaire de paramétrer tous les matins son arrêt de bus. D’autres évolutions sont à l’étude pour une prochaine version applicative, comme par exemple la prise en compte du trafic en cours pour une précision accrue du temps de trajet.

Les applications iOS et Windows Phone sont elles aussi en développement, vous pouvez dès à présent être notifiés par email de leur sortie future en vous inscrivant à la newsletter.

Actuellement disponible uniquement pour les bus d’Ile-de-France, j’envisage d’étendre Stopeen pour les autres métropoles françaises, un vote sera prochainement disponible sur www.stopeen.com pour élire la prochaine ville.

Enfin, il est aussi fort probable qu’une adaptation de Stopeen pour les métros, RER et tramway de la région parisienne voit le jour. Les méthodes de calcul sont différentes, puisque la géolocalisation et la qualité de couverture sont très fortement réduites dans les transports souterrains.

Assurez-vous tout seul les développements ?

Pour l’instant, j’assure à moi seul les évolutions de l’application et le développement commercial de Stopeen.  Comme vous pouvez le constater, l’avenir proche de Stopeen est déjà bien chargé, je recherche donc activement un associé pour m’accompagner sur l’aspect technologique ou sur l’aspect commercial.

Quel est le business modèle de votre application ?

Dans un premier temps, l’application développée pour la région parisienne a pour premier objectif d’être une vitrine. Une fois sa fiabilité éprouvée par de nombreux utilisateurs, Stopeen a vocation à être intégrée au sein d’applications de voyages plus conséquentes comme celle de la RATP. À moyen terme, l’objectif est de fournir  un module clé-en-main pour une intégration facile et adaptée à une application déjà existante. Ainsi, en éprouvant mon application via un segment B2C, j’aimerais rapidement basculer sur celui du B2B.

Vous avez déjà participé au Bang ! Bang ! Challenge organisé par la RATP. Que pensez-vous de ce type d’initiatives ?

Ce sont des événements très stimulants. Ils m’ont permis notamment de rencontrer de nombreux acteurs de l’écosystème avec lesquels les discussions et opinions sont toujours constructifs. J’ai de plus eu l’occasion d’échanger avec des collaborateurs de la RATP, avec lesquels je suis toujours en contact ; cela entretient ma motivation et confirme l’intérêt suscité par Stopeen.

Par ailleurs, j’ai pu voir que la SNCF organisait régulièrement des hackatons et je me tiens au fait des thématiques abordées pour une éventuelle participation.

Avez-vous déjà des idées de diversification ?

Les perspectives sont bien évidemment variées. Pour l’instant les développements, le marketing et la recherche de contact dans le monde du transport occupe bien mon temps. Mais évidemment j’ai déjà songé à adapter l’application à différents usages. Dans les transports en commun, le temps est souvent partagé entre jeux-vidéos et lecture de journaux. On pourrait envisager par exemple, que l’application puisse proposer tel ou tel article, ou bien tel ou tel jeu en fonction du temps de trajet déterminé par Stopeen.

En mars 2015, les députés ont imposé « l’Open Data aux données de transport* ». Comment cette nouvelle législation peut-elle être une opportunité pour votre développement ?

Tout d’abord, il convient de se réjouir d’une telle annonce. Quand on est une start-up, la priorité est de trouver un Business Model scalable et répétable. Dans le domaine de la mobilité urbaine, c’est un exercice particulièrement difficile car les données sont non seulement éparses et désorganisées, mais aussi complètement différentes d’une localité à une autre. La libéralisation de ces données permet de les manipuler avec beaucoup plus d’aisance. En termes d’innovation, c’est une nouvelle sans mesure.

Pour en savoir plus, le site Stopeen pour suivre l’actualité de cette start-up : http://www.stopeen.com

*http://www.nextinpact.com/news/92888-les-deputes-imposent-l-open-data-aux-donnees-transport.htm