Saviez-vous qu’il est possible de voyager à Londres sans Oyster card ou sans passer par les bornes de vente de billets? Transport for London, la société exploitant les transports en commun londoniens, propose en effet depuis septembre 2014 un paiement immédiat dématérialisé avec la carte bancaire grâce au NFC. Un an et demi après sa mise en place, qu’en est-il de l’adoption de ce nouveau moyen de paiement ?

Le paiement sans contact dans les transports, comment ça marche ?

near field communication payments: client paying with contactless card

Transport for London s’appuie sur une technologie récente dont de plus en plus de cartes bancaires sont équipées : le NFC. Cette technologie permet de valider un paiement directement en passant sa carte bancaire sur une borne prévue à cet effet, sans saisir de code ou de signature. Afin de limiter les risques de vol en cas de perte de la carte bleue, le montant maximum du paiement est limité à vingt euros (trente livres au Royaume-Uni).
Pour le voyageur, le paiement du titre de transport est grandement facilité par le NFC. Qu’il s’agisse du train, du métro, du tram ou du bus ou même de la navette aéroport depuis novembre 2015, des bornes sont désormais à sa disposition pour valider son trajet sans passer par la case guichet.

Un parcours client sans accroc réussi ?

Selon Transport for London, le paiement sans contact représentait fin 2015 presque 25% des trajets à l’unité (pay as you go). Ce taux d’adoption tout à fait correct demande cependant à être replacé dans son contexte. En effet, le pay as you go représente aujourd’hui environ 3 millions de trajets par jour tandis que le nombre total de trajets est de 30 millions par jour. Le paiement sans contact représente ainsi en réalité entre 2% et 4% des trajets effectués à Londres.

Pour une technologie aussi révolutionnaire et utile sur le papier, ces statistiques d’utilisation paraissent faibles. En revanche, les contraintes d’utilisation qu’elle implique limitent de fait le public visé.
La technologie du sans contact n’équipe pas encore la totalité du parc de cartes bancaires, bien qu’en forte croissance au Royaume-Uni (+ 36,4% en 2015).
Comme indiqué plus haut, le paiement sans contact est, pour des raisons de sécurité (l’identité du payeur n’est pas garantie), limité à une somme maximale de trente livres. Il n’est donc actuellement pas possible de payer un abonnement mensuel ou annuel. TfL permet également à ses visiteurs de bénéficier du système du capping, fonctionnant comme une sorte de forfait : hors abonnement, lorsqu’un voyageur consomme un certain montant, fixé dans une période de temps donnée (par exemple une semaine), alors il ne paie plus les trajets suivants jusqu’à la fin de cette période. Alors que cet avantage est disponible au mois pour un utilisateur de l’Oyster Card, il n’est pas pris en charge au-delà de la semaine pour le paiement sans contact. Les réductions ne peuvent pas non plus être prises en compte.
Ces limites rendent le paiement sans contact beaucoup moins intéressant pour les commuters londoniens qui bénéficient d’abonnements au mois ou à l’année pour diminuer le coût des trajets dans les transports de Londres.
Les grands bénéficiaires du paiement sans contact sont donc les touristes, qui satisfont aux contraintes imposées par celui-ci : un paiement à l’unité, sans problématique d’abonnement ou de réduction, pour un temps généralement inférieur à la semaine, avec l’avantage supplémentaire de limiter les retraits de liquides en banque. Preuve que ceux-ci ne s’y sont pas trompés : le paiement sans contact a déjà été utilisé par des voyageurs de 57 pays différents !

Quel avenir pour le NFC dans les transports ?

NFC dans le busOutre Londres, d’autres villes commencent elles aussi à avoir recours au NFC sur carte bleue ; Grenoble a ainsi lancé en septembre 2015 une expérimentation de paiement sans contact sur une de ses lignes de bus. L’utilisation du NFC sur le téléphone portable comme moyen de paiement est également en développement, comme à Barcelone par exemple. Pour autant, si on peut parler d’un nouveau support de voyage, mais en aucun cas celui-ci ne permet pour le moment de remplacer les moyens de paiement « traditionnels » ; les voyageurs ont encore massivement recours aux cartes d’abonnement et aux tickets. Les guichets et cartes d’abonnement classiques ont encore de beaux jours devant eux !