L’étude Wavestone réalisée pour l’association Équilibre des Energies (EdEn) sur les perspectives de développement de la mobilité électrique en France a été présentée lundi 29 avril lors d’une soirée regroupant les principaux commanditaires de l’étude. L’objectif de cette soirée était de restituer les principaux enseignements ayant pu être tirés à la suite du travail réalisé conjointement par EdEn, représentée par Brice Lalonde, président de l’association, Jean-Pierre Hauet, Président du Comité scientifique, économique, environnemental et sociétal et Gilles Rogers-Boutbien, Secrétaire Général et Wavestone, représenté par Xavier Metz.

L’association Équilibre des Energies est une plateforme transversale qui fédère les acteurs du monde de l’Energie, du Bâtiment et de la Mobilité autour d’un projet commun : construire une société énergétique meilleure. Elle regroupe de nombreux acteurs du tissu économique français parmi lesquels Bouygues Energies & Services, EDF, Enedis, Schneider Electric ainsi que Volkswagen, commanditaires de l’étude.

Les résultats de cette étude prospective sur le développement du véhicule électrique à horizon 2025-2030 sont en adéquation avec les objectifs fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. En effet, ceux-ci seraient atteints sous réserve de l’application de l’ensemble des 21 recommandations formulées par Wavestone détaillées dans un second article qui sera publié prochainement sur EnergyStream. Si l’on accentue les efforts de l’ensemble des parties prenantes de la mobilité électrique sur 3 grands axes, à savoir la transformation de l’image du véhicule électrique, le déploiement d’une offre plus large de véhicules et de services et le développement d’infrastructures de recharges, le parc automobile devrait atteindre 5,2 millions de véhicules particuliers électriques (dont 2 millions de véhicules hybrides rechargeables) d’ici 2030.

5,2 millions de véhicules électriques d’ici 2030

Pour conclure à ces résultats, l’étude s’est appuyée sur la définition de 12 segments représentatifs de l’ensemble des acheteurs de véhicules et découpés selon l’usage, le type d’achat (neuf ou d’occasion) et leur type de logement. Ces segments ont ensuite été différenciés selon leur capacité d’achat d’un véhicule électrique. Les recommandations ont alors été identifiées pour accélérer le basculement de chacun de ces segments vers le véhicule électrique. Ainsi, il apparaît que, sans aucune application des recommandations formulées, les ventes de véhicules électriques atteindraient environ 240 000 unités en 2030 contre plus de 670 000 avec mise en œuvre des recommandations. Afin d’atteindre cet objectif, le marché du véhicule électrique passera par 3 phases à savoir : l’amorçage du marché, son décollage, et sa croissance soutenue et pérenne.

Graphique réalisé dans le cadre de l’Etude Mobilité Electrique 2025-2030

Cette première phase d’amorçage se traduirait d’abord par l’étoffement des gammes des constructeurs automobiles et par un renforcement de l’écosystème de la mobilité électrique avec une consolidation de son cadre législatif et économique. De plus, l’image du véhicule électrique s’améliorera à mesure que la communication sur ses avantages se développera et grâce aux retours d’expérience des utilisateurs. Cette phase d’amorçage permettrait ainsi de lever les freins pour les ménages aisés, résidant en maison individuelle, réalisant des trajets courts ainsi que pour le développement des véhicules de service électriques.

 

Par la suite, à partir de 2023, nous assisterions à un décollage massif du marché sur la majorité des segments identifiés précédemment. Ce décollage serait permis par un ajustement des prix entre véhicules thermiques et électriques ainsi qu’un développement des solutions de recharges adaptées aux divers types d’habitats et aux usages. Les freins subjectifs sont également sur le déclin grâce à la propagation des connaissances sur les avantages et la réalité d’usage du véhicule électrique. De plus, l’image des véhicules s’améliore encore grâce à une meilleure connaissance du grand public. Par conséquent, la majeure partie des segments connaît une accélération de la croissance des parts de marché du véhicule électrique. Cela s’explique en raison de freins levés pour les personnes résidant en logement collectif, dans des domiciles sans parking, réalisant des trajets longs et permet aussi le développement des véhicules de fonction électriques.

Enfin, à partir de 2027, le marché connaîtra une croissance soutenue permettant aux derniers segments d’adopter la mobilité électrique. Cette phase s’explique par un développement du marché de l’occasion et par la mise en œuvre des recommandations lors des deux phases précédentes.

À noter qu’un manque de volontarisme pourrait conduire à un parc de 3,0 millions de voitures particulières électriques à l’horizon 2030 (dont 1,4 millions de véhicules hybrides rechargeables), soit un retard important par rapport aux objectifs fixés.