Avec une population de 8 millions d’habitants dont la moitié converge vers le centre-ville chaque jour, il est crucial pour la ville de Londres de trouver des solutions pour diluer le trafic automobile et lutter contre les émissions de CO2. Toutes les pistes sont à l’étude, y compris celle du vélo !

2 autoroutes cyclables pour 2016

Trouver des solutions pour diluer le trafic automobile et lutter contre les émissions de CO2, un enjeu crucial pour la ville de LondresLondres a décidé d’investir dans le vélo, moyen de transport qui ne représente aujourd’hui que 2% des trajets urbains de la ville. En effet, le Maire Boris Johnson vient d’annoncer la construction de 35km d’autoroute pour vélos dans la capitale anglaise. Le projet a été accueilli favorablement par les Londoniens qui le plébiscitent à plus de 84% selon un récent sondage. Le coût de l’opération qui s’élève à 217 millions d’euros, prévoit la construction successive de deux autoroutes sur les deux prochaines années :

La première autoroute cyclable reliera l’est à l’ouest de la ville de Tower Hill à Acton. Elle traversera la City, Hyde Park, longera Westminster et Buckingham Palace.

La deuxième autoroute devrait relier le nord au sud, d’Elephant Cross à King’s Cross. Les voies prévues larges de 4 mètres, permettront de circuler à une vitesse moyenne de 20km /heure dans les deux sens et de doubler.

Des axes routiers classiques saturés

Le challenge est de taille puisque les voitures sont très présentes à Londres. Embouteillage dans la ville de LondresEn effet le trafic automobile de Londres est l’un des plus saturés parmi les villes d’Europe, juste derrière Bruxelles et loin devant Paris. À tel point que la ville a été l’une des premières à se doter d’un péage urbain contraignant les conducteurs à s’acquitter d’une taxe quotidienne d’environ 11 livres à leur entrée dans le centre-ville.

Ces restrictions bien qu’ayant portées leurs fruits ne sont plus suffisantes. Les démographes prévoyant une augmentation de la population londonienne de 2 millions d’habitants d’ici 2030, il est nécessaire pour la ville de réfléchir au développement de nouvelles solutions de mobilité.

Développer les usages : un prérequis indispensable

Bien que le nombre de cyclistes ait doublé en 10 ans, l’utilisation du vélo dans la capitale londonienne reste aujourd’hui encore marginale. Deux leviers seront particulièrement importants pour favoriser l’adoption de ce mode de transport :

– La sécurité : En 2014, treize cyclistes sont décédés dans les rues de Londres. La ville devra être en mesure de construire des infrastructures sûres capables de rassurer les plus réticents. Pour cela elle pourra s’inspirer d’initiatives déjà menées au Danemark ou au Pays-Bas, particulièrement en pointe sur ce sujet.

– Le gain perçu : Les usagers devront percevoir l’intérêt d’un tel mode de transport par rapport à leur mode de transport actuel. Des mesures incitatives pourraient par exemple être prises. En France par exemple l’Etat envisage de créer un système d’indemnisation des employés utilisant le vélo pour se rendre sur leur lieu de travail. Une expérimentation relativement concluante a récemment été conduite auprès de 19 entreprises sur l’ensemble du territoire Français.

Après l’autoroute… le « métro cyclable » ?

Bientôt des pistes cyclables dans le métro londonienEn complément des autoroutes, le Royaume-Uni travaille d’ores et déjà sur d’autres projets innovants, tels que la transformation d’anciens tunnels inutilisés du métro en pistes cyclables. Cette idée proposée par la start-up London Underline, en collaboration avec l’agence d’architecture Gensler, a remporté le premier prix des London Planning Awards en janvier dernier. Le projet qui en est pour l’instant au stade de concept pourrait bientôt faire l’objet de réelles études de faisabilité. Affaire à suivre.