Dans un marché du transport aérien marqué par le développement des offres low-cost et la guerre des prix associée, Titanium, une innovation d’une jeune start-up française, fait beaucoup parler d’elle.

Une première mondiale

Issue des travaux de trois ingénieurs fraîchement diplômés, la start-up Expliseat a développé un siège ultra-light nommé Titanium composé de titane et de matériaux composites pour un poids total de 4 kg. Il est le premier siège certifié par l’AESA à peser moins de 5 kg, à comparer avec un poids moyen de 13 kg pour un siège classique. Cette différence représente une économie de taille pour toute compagnie aérienne : l’allégement de 9 kg de chaque siège permet d’abaisser de 1,7 tonne le poids à vide d’un avion comprenant 189 sièges, ce qui signifie une économie de 380.000 dollars par an sur cet avion (avec pour hypothèse de 10h de vol par jour et un prix du carburant à 1.033 dollar par Mt).

Mais cette innovation ne se limite pas qu’à un allégement. Grâce à un design novateur, la structure du fauteuil est construite autour de seulement 30 pièces, contre 300 en moyenne pour un siège classique. Cette réduction du nombre des pièces détachées permet de faciliter la maintenance et d’augmenter la durée de vie du fauteuil. Cette réussite a été soulignée lors de la remise par l’APCI d’une étoile du design à Expliseat.

Un succès commercial immédiat

Cette innovation séduit notamment les compagnies aériennes spécialisées dans les courts et moyens courriers en classe économique. Ce nouveau siège permet de réduire les coûts sans sacrifier le confort ni le service rendu au client et ainsi d’abaisser les prix ou d’investir dans de nouveaux services. La preuve de ce succès réside dans les premiers contrats signés par la jeune entreprise : après Air Méditerranée et la Compagnie Africaine d’Aviation, Expliseat a annoncé un futur contrat avec « une compagnie asiatique de rayonnement mondial ».

Cette innovation démontre l’intérêt croissant pour les matériaux composites dans le secteur de l’aéronautique. Ainsi, alors que le Boeing 777 n’est composé que 9% de matériaux innovants, l’Airbus A350 atteint un chiffre record à 53%.  Autant dire que ce marché a encore de beaux jours devant lui, ce qui est une bonne nouvelle pour les comptes des compagnies aériennes, mais aussi pour la lutte contre le réchauffement climatique.