Qui n’a jamais oublié son pass Navigo ou son titre de transport en partant de chez soi ? Bonne nouvelle, la généralisation des smartphones ainsi que certaines nouvelles tech

nologies nous offrent des solutions innovantes pour digitaliser la billettique et voyager plus sereinement.

On entend par billettique « l’outil automatisé de gestion des titres de transport ». Cela inclut les back-offices, le support des titres de transport mais aussi les équipements de vente, de validation et de contrôle.

Faisons maintenant un tour des avancées dans ce domaine.

De nouveaux supports pour les titres de transport

Voyager grâce à son smartphone

La billettique sur mobile NFC (Near Field Communication) permet de valider son titre de transport en présentant son smartphone à la borne de validation ou à l’agent en charge du contrôle. Elle est proposée par des acteurs comme Wizway Solutions, créé par la SNCF, la RATP, Orange et Gemalto.

L’usager achète son titre depuis son téléphone. Celui-ci est alors stocké dans un endroit sécurisé, comme la carte SIM.

L’avantage de cette technologie est qu’elle permet de valider son titre même s’il n’y a pas de réseau mobile ou que le smartphone n’a plus de batterie. Elle est compatible avec les équipements sans contact existants et elle présente donc un coût de déploiement limité. Enfin, en dématérialisant le titre, cette technologie devrait faciliter l’achat de trajets combinant plusieurs moyens de transport : l’usager pourra par exemple stocker dans son smartphone à la fois son billet de train et son ticket de bus pour se rendre de son domicile à la gare.

Il est aussi possible de recevoir son titre de transport dématérialisé sur son smartphone. On parle alors de M-ticket. Il se présente sous la forme d’un code barre, d’un QR code ou d’un code couleur. Les équipements de validation doivent être adaptés afin de permettre de vérifier ce type de titre. Ils sont proposés dans plusieurs villes françaises à l’image d’Orléans. L’usager peut ainsi facilement acheter son titre depuis une application mobile dédiée : celui-ci est directement disponible sur son smartphone.

 

Certains acteurs vont plus loin en proposant aux usagers d’acheter leur titre en envoyant un SMS à un numéro spécial ; ils reçoivent alors un code qui certifie qu’ils ont payé. A la différence des précédentes solutions évoquées, il peut s’agir d’une simple suite de chiffres et de lettres, ce qui rend le dispositif accessible à toute personne équipée d’un téléphone mobile, même s’il ne s’agit pas d’un smartphone. Le prix du titre est ajouté à la facture mobile de la personne.

S’il est dans vos habitudes de payer votre titre de transport au début de votre trajet, cela va peut-être bientôt changer avec l’arrivée d’applications mobiles pour payer son trajet a posteriori.

Carpostal a expérimenté en Suisse un nouveau système de billettique appelé CIBO, Check in – be out. Quand il monte dans le bus, l’usager ouvre l’application dédiée et clique sur « Check in » ; le Wifi du bus le repère alors automatiquement et détecte plus tard le moment où il descend. Suite à ce premier test, un autre a été réalisé avec la technologie Bluetooth, moins onéreuse à déployer ; les résultats présentent une meilleure fiabilité de connexion. L’enjeu consiste aujourd’hui à étendre cette solution à d’autres moyens de transport à travers la Suisse.

La nouveauté réside plutôt dans la façon dont les usagers sont facturés. En effet, à la fin du mois, le système calcule automatiquement le tarif le plus avantageux en fonction des trajets réalisés.

Voyager grâce à sa carte bleue sans contact

Il est désormais possible de régler son trajet en utilisant sa carte bancaire sans contact (quelle que soit la banque). En cas de contrôle, le simple passage de la carte utilisée sur le terminal du contrôleur permettra de vérifier si l’usager a bien payé son titre.

Les londoniens peuvent y avoir recours depuis 2014. En France, le dispositif est déployé à Dijon depuis quelques mois. (Pour en savoir plus, vous pouvez vous référez à l’article du 09/08/2018 sur notre blog)

 La puce biométrique sous-cutanée, nouveau support des titres de transport

Vous pensiez que valider son titre de transport en scannant une puce insérée au niveau de la main relevait de la science-fiction ? Plus maintenant !

L’entreprise publique ferroviaire suédoise SJ propose cette solution aux habitants déjà équipés d’une puce sous-cutanée. Le dispositif fait lui aussi appel à la technologie NFC. D’un point de vue pratique, les usagers intéressés doivent être inscrits dans le programme de fidélité de la compagnie pour pouvoir bénéficier du service. Ils n’ont ensuite qu’à acheter leur titre de transport en ligne, leur numéro client étant directement relié à leur puce.

Une expérience voyageur améliorée et un atout pour les transporteurs

Avec la mise en place de ces nouvelles solutions de billettique, la façon d’acheter son titre de transport ou son abonnement est elle aussi impactée. Il est aujourd’hui très fréquent de pouvoir le faire depuis le site internet ou l’application mobile de la compagnie de transport. Ainsi, l’abonnement Navigo peut être renouvelé depuis le site internet navigo.fr. De même, à Montréal, les usagers ont la possibilité d’acheter leur ticket ou un abonnement en ligne. Celui-ci est ensuite directement intégré au système de billettique global de la Société de transport de Montréal.

Il en résulte un gain de temps pour les usagers et une expérience plus fluide : ils n’ont plus à faire la queue aux bornes d’achat et peuvent acheter ou recharger leur carte à tout moment et depuis n’importe quel lieu, de façon très flexible.

Du côté des opérateurs, ces nouveaux dispositifs sont aussi sources d’intérêt. La fluidification de l’expérience des voyageurs se traduit par une amélioration de leur satisfaction. De plus, la digitalisation de la billettique est un moyen de collecter des données pour mieux comprendre les habitudes des usagers, ce qui permet ensuite d’améliorer la qualité du service délivré et augmenter ainsi leur satisfaction.

En simplifiant l’achat et la validation des titres de transport, les compagnies de transport espèrent aussi réduire la fraude, notamment celle des personnes qui n’achètent pas de ticket pour ne pas perdre de temps.

Des économies sont également attendues avec la réduction du problème de démagnétisation des tickets qui oblige à les changer, ce qui représente un coût.

Des limites à ne pas oublier

Derrière cette simplification apparente, les nouveaux dispositifs de billettique présentent des inconvénients.

Avec l’entrée en vigueur du RGPD en mai 2018, la question de la protection des données personnelles collectées est dans l’esprit de tous. En effet, l’achat et la validation des titres depuis son smartphone permet à l’opérateur de capter des données relatives aux habitudes des usagers. En particulier, le dispositif de puces sous-cutanées soulève beaucoup de questions quant à la protection de la vie privée. Il appartient à chaque compagnie d’apporter des garanties à ses clients sur l’usage qu’il en sera fait.

Par ailleurs, les solutions présentées supposent dans l’ensemble que l’utilisateur soit équipé d’un smartphone. Pour certaines, le smartphone doit être compatible NFC, ce qui n’est pas encore le cas de tous. Un rapport de Juniper Research estime ainsi à 3,9 milliards le nombre de téléphones compatibles dans le monde en 2020, sur 6,1 milliards en circulation.

Si la dématérialisation de la billettique a bel et bien commencé et se traduit par un gain de fluidité pour les usagers, plusieurs points restent encore à préciser afin de garantir une utilisation fiable, généralisée et intégrée.