L’initiative n’est pas nouvelle : le Nord Pas de Calais ou les Pays de la Loire proposent déjà depuis plusieurs années des billets de train et de bus à 1€ pendant des périodes ou sur des trajets définis. La région Languedoc Roussillon a, elle, décidé d’innover en généralisant cette offre à 1€ sur l’ensemble de ses lignes TER, et ce toute l’année.

Après 4 ans d’expérimentation sur 5 lignes de TER, le réel succès rencontré auprès des voyageurs a convaincu la région d’étendre l’offre à l’ensemble de son territoire. Au-delà de la satisfaction des usagers, la région espère aussi augmenter le taux d’occupation des trains – et donc maintenir ou améliorer les circulations – désenclaver certains territoires, encourager les déplacements touristiques et favoriser l’utilisation des transports en commun, plus propres que la voiture.

Une offre attractive, difficile à mettre en œuvre

L’initiative politique, à fort caractère social et environnemental, n’a pourtant pas été simple à mettre en œuvre ! La SNCF, fortement réticente au départ, notamment pour des raisons de coûts et de rentabilité des lignes, a poussé la région à retravailler son offre :

  • – Une forte réduction du nombre de billets mis en vente : lors de l’expérimentation, l’ensemble des billets étaient proposés au tarif unique de 1€. La généralisation sera limitée à 5% des billets. Pour les 23 000 voyageurs quotidiens, 1 300 billets à 1€ seulement seront mis à la vente chaque jour, soit 460 000 par an.
  • – Une vente accessible uniquement en ligne sur un site de réservation dédié développé par la région elle-même, puisque l’utilisation de Résarail (l’un des principaux systèmes de réservation SNCF) aurait nécessité des adaptations lourdes et coûteuses pour permettre de commercialiser cette offre sous forme de quotas.
  • – Un financement régional supplémentaire de 3,5M€ en complément des 106M€ que verse déjà annuellement le territoire au groupe ferroviaire pour le service TER.

La SNCF : changement de cap en vue pour les TER?Carte TER 1euro

Cette offre, souhaitée par la région, a mis le groupe ferroviaire dans une position compliquée. En effet, face aux contraintes de rentabilité, la SNCF a dû dernièrement augmenter le prix des billets y compris TER (+2,6%, hors abonnements dont le prix est fixé par la région) et risque, selon la FNAUT, de devoir fermer progressivement les lignes les moins fréquentées.

Cependant, la région est l’Autorité Organisatrice des Transports (AOT) pour les trains TER et la SNCF opère le service. Après d’âpres négociations pour aboutir à l’offre actuelle, la position du groupe ferroviaire semble s’être assouplie. La SNCF voit désormais dans cette initiative une opportunité d’augmenter la fréquentation de ses TER et l’occasion d’inciter les usagers à laisser plus régulièrement leur voiture au garage.

Au final, c’est une offre bien plus restreinte que ne l’avait envisagé le président de la Région. Mais son ambition de « ne plus voir un seul train vide » a tout de même de grandes chances de se réaliser. Et l’idée semble faire des émules puisque, depuis son annonce, plusieurs régions semblent vouloir faire de même ! Un nouveau challenge à relever pour la SNCF : conserver ses lignes régionales tout en les rentabilisant. D’autant plus que le conseil régional a commencé à travailler sur une offre d’abonnement « illimité »