L’arrivée du virus Ebola en Europe et aux États-Unis soulève des questions sensibles sur la régulation des vols en provenance des zones sensibles. De nombreuses voix se sont ainsi élevées ces dernières semaines pour réclamer l’arrêt pur et simple des liaisons aériennes avec certains pays d’Afrique de l’Ouest. Mais quelles seraient vraiment les conséquences d’une telle mesure ?

Une interdiction des vols inutile, voire contre-productive

Fermer ses frontières face à l’arrivée d’une menace sanitaire est une réaction compréhensible, mais des modèles mathématiques ont montré qu’un arrêt des liaisons vers les zones à risque ne ferait que retarder de quelques semaines l’arrivée du virus par voie aérienne sur notre territoire. Le premier cas d’Ebola aux États-Unis est d’ailleurs arrivé par un vol en provenance de Bruxelles, preuve que la mesure ne serait efficace qu’en cas d’interdiction généralisée des vols.

Ebola a le mal de l'air

En effet, interrompre la desserte aérienne des pays durement touchés par Ebola les isolerait encore un peu plus économiquement et logistiquement, favorisant ainsi la contrebande et les transports sauvages, d’où une propagation terrestre plus rapide de la maladie. De plus, les travaux des ONG sur place seraient compromis car l’acheminement de personnel et de matériel se compliquerait sérieusement. La propagation pourrait donc dangereusement s’accélérer, et l’épidémie locale deviendrait alors rapidement une pandémie incontrôlable.

Outre les conséquences économiques désastreuses qu’elle aurait pour les pays touchés, une interdiction des vols ne ferait donc que retarder l’échéance pour les pays occidentaux, en aggravant dramatiquement la situation en Afrique de l’Ouest. Des mesures moins radicales seraient donc à privilégier, comme par exemple la mise en place de contrôle de température sur les voyageurs au départ des aéroports des zones à risque.