Afin d’encourager l’utilisation du vélo comme moyen de transport, l’État envisage de créer un système d’indemnisation des employés utilisant le vélo pour se rendre à leur lieu de travail. Retour sur l’expérimentation de ce dispositif.

Le vélo très peu utilisé par les français pour se rendre au travail

European Platform for Mobility, est une plateforme européenne sur la mobilité en Europe, qui permet notamment de visualiser la répartition de l’utilisation des différents modes de transport dans plus de 400 villes européennes. Si certaines villes comme Copenhague, Bruges ou encore Amsterdam affichent une utilisation du vélo pour plus de 20% des trajets, les villes françaises sont à la traine avec 3% à Paris, 2% à Lyon ou encore 1% à Marseille.

Or, d’après l’étude l’économie du vélo, la multiplication par 2,5 de l’usage du vélo en France engendrerait 3,8 milliards d’euros d’externalités positives, en premier lieu grâce aux bénéfices pour la santé.

Une expérimentation pour indemniser financièrement les trajets domicile-travail à vélo

Dans le cadre du projet de loi relatif à la transition énergétique, un dispositif à été proposé pour indemniser de 25 centimes par kilomètre parcouru les employés  se rendant à leur travail en vélo. Versée par les employeurs, cette indemnité est plafonnée à un maximum de 55 euros par mois. De plus, elle n’est pas additionnable avec le remboursement des frais de transport en commun, sauf pour le cas de trajets multi-modaux, c’est-à-dire les trajets nécessitant l’utilisation successive du vélo et des transports en commun.

Après avoir étudié théoriquement les enjeux et impacts d’un tel dispositif, une expérimentation a été conduite par Inddigo, entreprise de conseil en ingénierie et développement durable, pour le compte de l’Ademe. Réalisée entre juin et novembre 2014, 8000 salariés répartis dans 19 entreprises de différentes tailles et sur l’ensemble du territoire ont pris part à cette expérimentation.

Des résultats mitigés et une expérimentation enrichissante

Les résultats de l’expérimentation montrent une augmentation de la part modale du vélo de 50% (avec prise en compte du biais lié à la météo). Néanmoins, le report se fait essentiellement sur des usagers de transports en commun (54%) et seulement 19% des nouveaux usagers utilisaient  auparavant leur voiture pour se rendre à leur travail, dont la majorité en covoiturage.

Côté entreprises, la lourdeur administrative et le coût du dispositif font hésiter nombre d’entre elles  à poursuivre l’expérimentation.

Ainsi, si l’effet incitatif de l’indemnité kilométrique vélo a bien été confirmé par l’expérimentation, ses modalités de versement seront à revoir pour une meilleure acceptabilité pour les entreprises.