Petits, nous imaginions tous la ville de l’an 2000 avec des voitures volantes, ou mieux : des voitures sans conducteur. Nombre de cinéastes ont d’ailleurs mis en scène ce fantasme dans leurs films.

Aujourd’hui, la fiction semble rattraper la réalité avec des initiatives qui se multiplient, telles la Google Car. Mais où en sommes-nous exactement sur ce projet, qui pouvait sembler fou il y a à peine 15 ans ?

 

Après les firmes de la Silicon Valley, les constructeurs font à leur tour les yeux doux à la voiture autonome

Google carComme souvent, c’est Google qui a lancé l’offensive sur ce marché, avec la Google Car sur laquelle les ingénieurs de sa division de recherche « Google X » planchent depuis plus de 5 ans. Ce travail a porté ses fruits, puisque la firme américaine a dévoilé un prototype abouti en décembre 2014. Google envisage d’ailleurs un service de taxis autonomes, qui viendrait concurrencer celui d’Uber.

Malgré la proximité des deux firmes (Google étant au capital d’Uber depuis 2013), la riposte de la société de VTC n’a pas tardé puisqu’un partenariat avec l’université de Carnegie Mellon a été officialisé début février, avec une volonté affichée de travailler sur l’axe des technologies autonomes. Cette initiative, si elle se concrétise, permettra à terme à Uber de baisser les prix d’un service jugé encore trop onéreux.

Au-delà des projets des deux firmes de la Silicon Valley, les constructeurs automobiles multiplient également les travaux sur ce sujet et deviennent de véritables challengers dans le domaine. Ainsi, Tesla, le constructeur de voitures électriques dirigé par le fantasque Elon Musk, s’est lancé dans la course et promet une mise en service à l’horizon 2020. En France, c’est PSA qui a à son tour annoncé début février la commercialisation de tels véhicules dans les mêmes délais. Plus globalement, chaque constructeur développe son propre véhicule autonome, et après Audi, Valéo et Mercedes ont tous deux profité du dernier Consumer Electronic Show de Las Vegas pour dévoiler leurs modèles respectifs.

Les dernières rumeurs sur la toile laissent même à penser qu’Apple préparerait à son tour un tel projet…

 

Les premières expérimentations en conditions réelles des voitures autonomes ont commencé, encouragées par les gouvernements

Toujours soucieux de favoriser le développement de nouvelles technologies sur leur territoire, les Etats-Unis, et plus particulièrement les États du Nevada, de la Californie et de la Floride, furent les premiers à ouvrir leurs routes aux expérimentations de véhicules autonomes.Les Etats américains qui autorisent la circulation des voitures sans conducteur

Les gouvernements européens ne souhaitent pas rater le coche, et c’est ainsi le Royaume-Uni qui a ouvert la marche en autorisant les tests dans 3 villes anglaises qui seront prochainement sélectionnées.

La France souhaite aussi faire partie de cette belle aventure, et a pour cela fait du développement des véhicules autonomes l’un de ses 34 plans pour la Nouvelle France industrielle de 2014 en prévoyant notamment des premiers tests sur les routes bordelaises dès ce mois d’octobre.

Les Ministères des Transports des Pays-Bas et de l’Allemagne ont à leur tour récemment annoncé une adaptation très prochaine de leur législation afin de permettre des premiers tests en conditions réelles de camions et voitures sans chauffeurs sur leurs autoroutes.

Mais pour l’instant, ces autorisations de trajets sont de simples dérogations, et les étapes avant une mise en circulation à grande échelle sont encore nombreuses.

 

Les freins existants à la mise en circulation des voitures autonomes

Bien que des groupes de travail se penchent sur la question dans chaque pays, l’adaptation de la législation n’est pas aussi simple, tout du moins en Europe. En effet, la convention de Vienne sur la circulation routière (1968), ratifiée par la plupart des pays européens, stipule expressément que “tout véhicule en mouvement ou tout ensemble de véhicules en mouvement doit avoir un conducteur“.

La circulation de véhicules sans conducteur est également un sujet pour les assurances. En effet, en cas d’accident, qui sera responsable : le propriétaire de la voiture, le constructeur, l’équipementier ?

Sécurité informatiqueEnfin, au-delà de ces sujets réglementaires, la sécurité informatique est au cœur des débats puisque de nombreux experts jugent les systèmes de pilotage de ces véhicules encore trop exposés à des failles d’intrusion et donc à de potentiels piratages.

 

Si la voiture sans conducteur semble bien en passe d’envahir nos routes, cette mise en service ne se fera pas sous forme d’un Big Bang, mais plutôt par une intégration progressive des technologies d’autonomie dans nos voitures. Dans cette perspective, la voiture connectée fait ainsi figure de simple étape vers le véhicule sans conducteur.

On peut dès lors parfaitement imaginer une commercialisation des premiers modèles totalement autonomes à l’horizon 2020. De quoi laisser un peu de temps aux gouvernements pour légiférer sur le sujet.