La connectivité est au cœur des stratégies digitales des entités de transports urbain pour les années à venir. Cela se traduit par des objectifs multiples : offrir de la 3G/4G/wifi aux voyageurs, connecter les infrastructures et les moyens de transport, etc.

Bien qu’affichés depuis plusieurs années, ces objectifs restent à concrétiser : une étude récente souligne par exemple les lacunes des grandes villes françaises en couverture 3G/4G. Et pourtant, les initiatives vont bon train : au salon Vivatech, nous avons rencontré des start-ups travaillant sur ces optimisations via des cas d’usages qui devraient fleurir dans les années à venir.

L’intérêt de proposer une connexion en continu au voyageur est d’améliorer son expérience de voyage en lui permettant d’utiliser son temps de façon utile. Toutefois, les enjeux pour les entités de transport dépassent cet objectif de confort. En effet, un voyageur connecté, ou du moins traçable, au moyen de capteurs dans les infrastructures ou dans les transports, permet d’enrichir la donnée récoltée sur le trafic en temps réel : 3 optimisations découlent de cela.

Connectivité dans le métro parisien d'après une étude ARCEP

Connectivité dans le métro parisien d’après une étude ARCEP

1 / Une information voyageur optimisée  et personnalisée

Récolter en permanence les données voyageurs, quel meilleur moyen pour répondre à leurs exigences de temps réel et d’optimisation de parcours ? Une fois récoltée, l’information est traitée puis renvoyée à ces mêmes voyageurs via des applications ou des affichages aux points de départ. Ce type d’évolution serait un peu le pendant de Waze pour les déplacements personnels : j’intègre une communauté que je renseigne et en échange je reçois des informations qui, regroupées, me permettent d’optimiser mon parcours. Des applications similaires dans les transports en commun sont aussi actuellement en réflexion par des start-up comme Geo4cast. Par exemple, en recueillant les données voyageurs, la Ratp pourrait nous pousser à prendre un itinéraire alternatif actuellement moins fréquenté, ou nous indiquer dans quelle voiture du RER A monter pour avoir une place assise .

2/ Une meilleure gestion des infrastructures

L’information fournie par les voyageurs aux transporteurs est également un levier d’amélioration de la gestion des infrastructures. Notons ici que l’information peut, certes, être captée, sans intervention particulière du voyageur et donc rester quantitative mais elle peut également être demandée au voyageur et devenir qualitative. Certaines applications sollicitent directement l’intervention du voyageur pour qu’il fournisse une appréciation ou signale un dysfonctionnement au cours de son voyage. C’est le cas de l’application PictoTravel par exemple qui fournit une information sur l’accessibilité des lieux publics aux personnes en situation de handicap. Les utilisateurs de l’application sont invités à renseigner de façon précise la qualité des moyens d’accessibilité afin de noter les infrastructures. Celles-ci peuvent ensuite utiliser ces informations pour s’améliorer en continu. Autre exemple, Gares et connexion met en place cet été un outil de comptage en gare  en temps réel afin d’alerter le personnel en cas de dépassement d’un seuil acceptable.

3/ Une meilleure gestion des flottes de matériel

Enfin ces informations récoltées sont également un moyen d’optimiser la gestion de la flotte des opérateurs de transports par exemple en analysant plus finement le remplissage des bus/trams/métro. Une gestion plus fine des plans de transports, basée sur la donnée utilisateur pourrait également élever le niveau de confort des passagers.

 

Néanmoins, toutes ces améliorations impliquent une immersion forte dans la vie privée du voyageur. Par exemple, des applications comme celle de la Ratp pourraient tracer le parcours de l’utilisateur même si son application n’est pas ouverte. Fournir ses données est bien un moyen pour chaque voyageur d’augmenter à court ou moyen terme son confort mais cela doit être fait en toute connaissance de cause et selon des limites qu’il reste à fixer. On imagine assez bien la valeur commerciale que peuvent avoir ces données : encadrer leur utilisation est la clef d’une utilisation équilibrée de celles-ci.