Cette nouvelle a fait grand bruit dans le monde du transport. Moovit, le “waze” du transport en commun, a levé près de 50 millions d’euros pour son développement. Et autour de la table des grands noms de la mobilité tel que Keolis (filiale de la SNCF) ou encore BMW.

Qu’est-ce que Moovit ?

Cette start-up israélienne, fondée en 2012 par  Nir Erez, Roy Bick, et Yaron Evron, a combiné crowdsourcing et transport en commun. Pour rappel, le crowdsourcing (ou production participative) consiste à utiliser un très grand nombre de ressources (utilisateurs de l’application) pour réaliser une tâche traditionnellement faite par une seule entité. Par exemple, si vous voulez recenser toutes les rues d’une ville, vous pouvez soit embaucher un intérimaire pour parcourir la ville soit demander à tous les habitants d’utiliser la géolocalisation de leur smartphone et indiquer le nom de la rue où ils se trouvent…. cela fonctionne aussi pour écrire un livre ou une encyclopédie et ça s’appelle Wikipédia !

Mais revenons à nos moutons. Le coup de génie de cette start-up est de se baser sur la localisation des utilisateurs (et non plus des véhicules) pour avoir la position des bus/tram/métro en temps réel. Cela permet donc à Moovit de calculer la vitesse des bus – toujours grâce aux smartphones des utilisateurs- et donc de prévoir de façon précise l’état du trafic sur tout le réseau et l’heure de passage aux prochains arrêts. Cette application permet aussi aux utilisateurs de commenter l’état des bus, leur  taux de remplissage ou encore la situation (affluence, dégradation…) des stations.

Et cette application est virale. Plus il y a d’utilisateurs, plus l’application est précise donc intéressante pour de nouveaux utilisateurs qui enrichiront eux aussi la communauté !

Une levée de fond à 50 millions de dollars

Avec cette levée de fond, une étape stratégique dans le développement de la jeune start-up israélienne a été franchie. Moovit va pouvoir passer à un autre niveau en multipliant par 2,5 son capital. En effet, Moovit dispose pour l’instant de 35 millions de dollars issus de deux précédentes levés de fonds. Déjà utilisée par près de 15 millions d’utilisateurs, répartis dans 500 villes du monde (dans 50 pays différents), Moovit compte devenir l’application de référence pouvant être utilisée partout dans le monde. Ces moyens serviront à développer sa communauté et enrichir ses services pour pouvoir par exemple proposer, demain, l’achat du titres de transport directement depuis l’application.

La première étape de cette conquête mondiale est le marché européen.  Et Moovit a un plan précis pour y arriver : faire de la France sa place forte. Aujourd’hui présente dans 12 villes françaises, Moovit compte bien augmenter ce nombre en nouant des partenariats dans les villes où le groupe Kéolis est en charge du réseau de transport. Les deux sociétés vont désormais proposer conjointement l’application à des autorités organisatrices clientes du groupe. Et cela semble bien parti, les deux partenaires ont fait de Bordeaux une vitrine marketing de choix.

La bataille de la mobilité intelligente est en marche

Avec le groupe Keolis, c’est un partenariat stratégique qui se crée. Et ce genre de partenariat ne se refuse pas. En effet, la bataille de la smart mobilité est ouverte : d’un côté, nous avons Google, et sa solution Google transit, un géant capable d’injecter très vite des moyens financiers considérables – comme l’a prouvé le rachat de Waze. De l’autre, des opérateurs de transport qui voient d’un mauvais œil qu’un (unique) acteur privé puisse faire du business sur la base de leurs données.

De cette bataille, des éléments positifs pour les voyageurs peuvent émerger. Les données récoltées par Moovit pourraient permettre aux transporteurs de créer un historique précis des temps de parcours réels ou encore de la fréquentation et pouvoir ainsi créer une offre de transport toujours plus pertinente.