Problèmes respiratoires, cancers, étourdissements, accidents vasculaires … La qualité de l’air a une influence directe sur notre santé. Face à ces constats, la Mairie de Paris a lancé un plan anti-pollution pour améliorer la qualité de l’air à Paris à l’horizon 2020.

De la prise de conscience à la mise en place d’un plan anti-pollution

Les causes de la pollution atmosphérique sont multiples : industrie, transport, chauffage urbain … En Île de France, la circulation des véhicules à moteur thermique est la principale source de pollution de l’air : elle est responsable de 25% des rejets de particules PM10 et de 51% des rejets des particules fines PM2,5, particulièrement nocives pour la santé.

Face à ce constat, une nouvelle gestion de la circulation automobile parisienne est prévue. Durant les derniers mois, nous avons tous pu remarquer la mise en place d’actions sur le long terme, comme l’abaissement de la limitation de vitesse sur le périphérique à 70 km/h. Parallèlement, des actions ponctuelles ont été réalisées, telles que la mise en place de la circulation alternée et la gratuité des transports en commun lors des pics de pollution, ou encore, plus récemment, la journée sans voiture organisée le 27 Septembre 2015. Tour d’horizon des évolutions à venir ces prochaines années.

Une incitation à l’usage de moyens de transport propres

Parmi les mesures destinées à limiter l’usage de voitures polluantes, des aides financières pour accéder à des modes de mobilité douce sont prévues. Ainsi, depuis le 1er juillet, les Parisiens détenant des voitures immatriculées avant 2001, se voient proposer : une réduction sur le service Autolib’, une prise en charge partielle du forfait Navigo et un abonnement d’un an au service Vélib ou bien une subvention de 400€ pour l’achat d’un vélo, en cas d’abandon de leur véhicule. De plus, pour les copropriétés parisiennes, des subventions allant jusqu’à 2000€ pour mettre en place un abri vélo sécurisé et des points de recharge pour véhicule électrique sont versées.

Ces aides s’appliquent cependant uniquement aux voitures immatriculées 75 et non à toutes celles d’Île de France. L’impact d’une telle mesure peut ainsi être questionné, sachant qu’une grande partie de la circulation parisienne est le fait de véhicules venant des départements voisins. Étendre ces subventions à toute l’Île de France serait certainement plus efficace pour réduire la pollution atmosphérique, en essayant d’aider en priorité les habitants des villes mal desservies par les transports en commun.

Cette initiative lancée par la ville de Paris nous pousse à réfléchir à l’engagement des autres villes et départements de la métropole et au mode de gouvernance à établir pour déployer la démarche à l’ensemble de la région. On peut certes imaginer la capitale servir d’exemple en phase pilote pour déclencher le mécanisme dans d’autres villes.

 Vers une restriction de la circulation des véhicules polluants 

Sujet sensible de ce Plan Anti-Pollution, pour améliorer la qualité de l’air, la Ville de Paris prévoit de mettre en place des zones à circulation restreinte, où la circulation des véhicules les plus polluants sera interdite. Notons que de telles zones existent déjà dans près de 200 villes d’Europe.

Ainsi, les poids lourds diesel les plus polluants, soit environ 10% du parc, sont interdits à Paris entre 8h et 20h depuis le 1er septembre 2015. La seconde échéance arrive à grand pas, avec l’interdiction des véhicules mis en service avant 1997 à partir du 1er juillet 2016.  Viendront par la suite les véhicules immatriculés avant 2011 qui se verront progressivement interdits à la circulation entre 2017 et 2020. Pour aider les professionnels dans cette transition, une subvention de 15% pour l’achat d’un véhicule électrique ou GNV est prévue.

Enfin, l’idée de créer des zones à trafic limité dans l’hyper-centre de Paris a été émise. On imagine aisément le développement d’aires piétonnes dans les quartiers concernés.

In fine, une grande partie des automobilistes sera donc poussée à se tourner vers des moyens de transport alternatifs ou à troquer leur véhicule contre un moins polluant. Aucune mesure n’a cependant été proposée concernant la création de parkings-relais en périphérie, comme à Cambridge, ou la mise en place d’un péage urbain tel que celui de Milan ou Londres – inenvisageable selon la municipalité actuelle.

Un effort commun de l’ensemble des acteurs du transport

L’utilisation de nouvelles technologies moins polluantes

Pour montrer l’exemple, la Mairie a demandé à la RATP de changer sa flotte de bus pour s’équiper de bus «propres». Le groupe s’est ainsi engagé dans un programme d’acquisition de bus permettant de réduire de 50 % les émissions de particules fines du parc en 2 ans (mi-2016) et d’être propriétaire d’une flotte 100% écologique d’ici 2025.  La RATP, de par son volume de commandes, pousse les constructeurs à améliorer leur technologie en développant des poids lourds électriques ou au GNV, ainsi que des moteurs et des filtres plus performants.

La transition technologique ne pourra cependant pas se faire en quelques années, pour des raisons de prix et de maturité des  technologies. Mais un développement progressif de véhicules plus « écologiques » est à observer.

Un accès facilité à la mobilité douce

Plus largement, les transporteurs et les collectivités travaillent au développement de solutions de mobilité durable pour les Franciliens. Citons, par exemple, les services Autolib’, Vélib’, ou encore les plateformes  de covoiturage créées par la RATP et la SNCF ces dernières années : Sharette et iD VROOM. Les offres de transport en commun évoluent et un effort progressif  s’observe afin de permettre aux usagers de se déplacer plus,  avec plus de facilité.

Au-delà des efforts faits par les constructeurs, les transporteurs et la ville de Paris, nous pouvons aussi réduire l’impact environnemental de nos déplacements en optant pour des modes de mobilité douce : vélo, transport en commun, marche à pied, tramway… De nombreuses alternatives à la voiture particulière existent, et se multiplient en Île de France.