Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre avec 28 % des émissions totales en 2013. En 2014, il représentait 32,6 % de la consommation énergétique française, soit quasiment le double par rapport à 1973. Pourtant,  la consommation globale d’énergie a évolué d’à peine moins de 15% sur la même période.

Face à ce constat alarmant, activer des leviers pour diminuer la part des transports dans les émissions de gaz à effet de serre est nécessaire. Cependant, dans un monde de plus en plus mobile, diminuer les déplacements de particuliers et restreindre le transport de marchandises est inenvisageable.

Le levier le plus pertinent est de réinventer le transport pour aller vers un transport durable. Ce dernier est défini par l’OCDE comme « un transport qui ne met pas en danger la santé publique et les écosystèmes, respecte les besoins de mobilité tout en étant compatible avec une utilisation des ressources renouvelables à un taux inférieur à celui nécessaire à leur régénération et une utilisation des ressources non renouvelables à un taux inférieur à celui nécessaire à la mise au point de ressources renouvelables de remplacement ».

Atteindre cette objectif ambitieux nécessite de combiner innovation technologique et innovation organisationnelle. En effet, la technologie permet notamment de reconcevoir les véhicules et infrastructures afin de :

– Consommer des énergies vertes, à l’instar des énergies fossiles

– Utiliser des matériaux plus légers et plus écologiques

Concernant l’organisation, d’une part les particuliers peuvent optimiser le remplissage des véhicules, diminuant ainsi l’impact environnemental par personne. D’autre part, le transport de marchandises peut intégrer le critère environnemental au choix des modes de transport en plus des critères actuels d’acheminement (sécurité, délais, …)

Depuis plusieurs années, des initiatives et mesures se multiplient sur ces deux volets. Les prochains paragraphes visent à donner un aperçu des plus grands changements.

 

Les 1er pas vers les énergies vertes : l’évolution du véhicule électriques

En termes d’énergie verte dans le transport, la voiture électrique est fondamentale. Les projets d’évolution se multiplient. Pourtant, les voitures électriques ne sont pas aussi récentes qu’on ne le croit. En effet, 40% de voitures en circulation étaient électriques en 1900. Mais ces dernières ont très vite été abandonnées faute de performance.  Il aura fallu attendre l’essor des préoccupations environnementales à la fin du XXème siècle pour que la voiture électrique redevienne un défi.  En quelques années, les performances de la voiture électrique ont décuplé mais d’autres pistes énergétiques sont expérimentées pour surpasser certaines performances.

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Les transports en commun évoluent eux aussi vers l’électrique en France. À Paris, la ligne de bus RATP 341 a inauguré la mise en service des premiers autobus standard . L’objectif et de déployer 23 de ces bus avant la fin de l’année. Ils sont fournis par le groupe Bolloré, et auraient une autonomie de 180 à 250 km. Leur recharge s’effectue la nuit, permettant ainsi de ne pas augmenter la demande sur le réseau en heure de pointe. Le déploiement des bus électriques prendra de l’ampleur dans les prochaines années, puisque la RATP a pour objectif de disposer d’un parc de 4500 véhicules 100% vert constitué à 80% de bus électriques & 20% au biogaz, d’ici 2025.

Pour anticiper l’avenir, la RATP expérimente également les véhicules autonomes.  En effet, les premiers tests de la navette autonome fonctionnant à l’électrique et sans chauffeur, ont eu lieu le 24 septembre dernier sur une distance de 130 m. La navette est capable de transporter jusqu’à 12 passagers à 25 km/h. D’autres expérimentations sont à prévoir.

L’État soutient cet engouement pour le déploiement du transport durable. Il a notamment fait paraître la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en 2015. Cette dernière compte plusieurs mesures pour inciter à l’innovation technologique et favoriser son déploiement.

Concernant les véhicules propres, la loi exige que les flottes publiques à faibles émissions soient renouvelées, dans les proportions suivantes :

  • Minimum 50% de véhicules à faibles émissions de CO2 et de polluants de l’air dans les achats de l’État
  • Minimum 20% de véhicules à faibles émissions de CO2 et de polluants de l’air dans les achats des collectivités locales
  • À partir de 2025, les nouveaux bus et autocars acquis pour les services publics de transport, seront tous à faibles émissions
  • Avant 2020, minimum 10% de véhicules à faibles émissions dans le renouvellement du parc de véhicules pour les exploitants de taxis et de transport avec chauffeur lorsque le parc comprend au moins 10 véhicules, mais aussi pour les loueurs de voitures, les exploitants de taxis et de véhicules de transport avec chauffeur (VTC)

 

En termes d’infrastructures, la loi rend obligatoire l’équipement des bornes de stationnement. Elle exige que soient favorisés les travaux effectués sur les parkings et espaces de stationnement des zones commerciales pour y parvenir. Ainsi, la France s’est fixée pour objectif l’installation, d’ici à 2030, d’au moins sept millions de points de charge.

Cependant, même si les véhicules électriques en circulation ne rejettent pas de CO2 lorsqu’ils sont en circulation, la fabrication n’est pas pour autant 100% écologique. D’une part les processus sont très consommateurs d’eau, et d’autre part les batteries des véhicules électriques sont composées de lithium, qui est un métal très convoité, périssable et très peu recyclé.

Il est donc important de réfléchir sur tout le cycle de vie et non seulement sur les impacts en circulation. Certains constructeurs sont engagés en ce sens depuis plusieurs années, comme BMW et son programme BMW visant à diminuer l’impact environnemental du véhicule de la production au recyclage .

 

Une réorganisation en marche pour un fonctionnement plus vert

Afin de réduire l’impact environnemental, l’innovation technologique n’est pas la seule voix.

Concernant le transport de particuliers, nous sommes trop nombreux à utiliser une voiture par personne alors que le véhicule dispose d’une capacité de 5 personnes. Or le co-voiturage permet non seulement de diminuer le poids de la facture, mais aussi l’impact écologique par personne à bord. Ces avantages cumulés aux nouvelles technologies permettent au marché du covoiturage de croître et de se diversifier. L’acteur dominant est Blablacar (90% du marché), qui se positionne sur le covoiturage longues distances au côté des Karzoo, IDvroom, … D’autres start-up comme Wayzup se spécialisent sur une cible particulière : les trajets domicile-travail.

Pour les plus sportifs, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte  propose des avantages pour les cyclistes et leurs employeurs :

  • La participation aux frais de déplacement des salariés en vélo ou en vélo électrique entre le domicile et le lieu de travail est exonérée de cotisations sociales pour l’employeur. La limite associée est de 200 € par an et par salarié, sur la base des kilomètres parcourus par les salariés pour se rendre à leur travail, l’indemnité étant fixée à 0,25 € par kilomètre parcouru.
  • Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, qui mettent à disposition gratuite de leurs salariés, pour leurs déplacements entre leur domicile et le lieu de travail, une flotte de vélos peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt. Cette dernière est égale aux frais générés par la mise à la disposition, dans la limite de 25 % du prix d’achat de ladite flotte de vélos.

Le tableau ci-contre dresse la liste des modes de transport pour les particuliers, et leurs potentielles évolutions.

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La France fera-t-elle partie du top 10 des villes les plus écologiques du monde au côté des villes des pays nordiques tels que Reykjavik en Islande, Malmö en Suède, ou encore Copenhague au Danemark ?

Pour y parvenir, il ne reste plus qu’à chacun de s’organiser pour soutenir le développement des transports durables, car sans demande les efforts des villes et industriels ne seront pas récompensés !