L’information a commencé à circuler fin août et a été officialisée le 7 septembre au travers d’un communiqué de presse SNCF : le nouveau Train à Grande Vitesse sera finalement conçue par Alstom, et devrait circuler sur nos rails en 2022.

Avant de voir les premières pierres du projet de la rame de demain, Transport Shaker vous propose de revenir sur le partenariat d’innovation gagné par Alstom

Un partenariat d’innovation avec la SNCF, soutenu par l’Etat français

Pour concevoir le TGV du futur, Alstom ne sera pas vraiment seul dans ces aventures, car il aura 2 partenaires – de choix – : la SNCF et l’Etat français.

© La #team66M de la SNCF et Alstom

En effet, la SNCF ne sera pas seulement cliente d’Alstom dans ce projet, car elle se positionne, avec le partenariat d’innovation qu’ils ont signé ensemble, comme co-concepteur du produit final. Cette collaboration va d’ailleurs se traduire par la cohabitation dans des locaux parisiens dédiés d’une équipe projet pluridisciplinaire, mixant connaissance des attentes voyageur et expertise sur la conception des trains, afin d’imager ensemble les usages cibles du TGV de demain. En somme, une démarche de construction collaborative, inspirée des méthodologies Agile initialement destinées aux projets informatiques.

Et l’Etat français, dans tout cela ? En fait, ce n’est pas Alstom, mais plutôt SpeedInnov qui a gagné l’appel d’offre. SpeedInnov, c’est une co-entreprise portée par Alstom et l’agence publique de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), dont la création a été annoncée en grandes pompes par plusieurs ministres français en décembre 2015. Cette alliance arrive à point pour Alstom qui vient de connaitre 3 années difficiles : faute de commandes, l’entreprise française a décidé de stopper en 2018 la production de motrices TGV et locomotives sur son site historique de Belfort. Ce rapprochement traduit le soutien de l’Etat au “Made in France”, qui avait déjà été mentionné par Emmanuel MACRON en mai 2015 lors d’une visite dans cette usine de Belfort. Même si cette annonce n’a pas sauvé le site de production, elle aura néanmoins permis à l’industriel d’espérer voir son carnet à nouveau rempli de commandes françaises.

Un TGV rentable, eco- & user-friendly

Avec l’arrivée de sérieux concurrents sur le marché de la mobilité intra-urbaine (co-voiturage, bus, aérien low-cost, …), le nouveau train doit permettre à la SNCF de se repositionner dans la course. Pour ce faire, 3 ambitions fortes sont affichées:

Afficher l'image d'origine– Tout d’abord, développer un produit rentable, en réduisant de 20% les coûts liés à la rame  (coûts d’investissement et d’exploitation), et en augmentant la capacité de 20% par rapport à la rame actuellement en circulation (en cible, 700 passagers au maximum)
– Ensuite, remettre au cœur de la réflexion le client, afin de lui proposer une expérience voyageur améliorée (services adaptés à ses attentes, confort accru, …) et qui plus est connectée. A noter que la nouvelle rame Eurostar s’est également mise au goût du jour en se dotant – entre autres – d’un accès Wifi !

– Enfin, le produit final devra limiter son impact environnemental, en baissant la facture énergétique liée à son exploitation de 25%, et en étant composé en majorité de matériaux recyclables.

 

Jusqu’à fin 2017, la SNCF et SpeedInnov vont travailler sur la conception générale du produit et sur l’expérience qui pourra être proposée au voyageur à bord. A noter qu’Alstom a déjà plusieurs initiatives prêtes à être embarquées dans son train du futur…Comme la connexion au réseau 4G : préparez-vous à surfer à Grande Vitesse!