Depuis le 7 janvier 2015, le plan Vigipirate a été élevé à son niveau maximal : « Vigipirate Alerte Attentat », d’abord en Ile-de-France, puis étendu ensuite à la Picardie. Auparavant qualifié de niveau d’alerte « Écarlate », cet état a été déclaré une seule fois depuis sa mise en œuvre : c’était en 2012, suite aux attentats perpétrés à Toulouse et Montauban (affaire Mohamed Merah).

Davantage de contrôles dans le métro, les gares et les aéroports …

Tout d’abord, rappelons que depuis près d’un an, l’alerte était maintenue à un niveau rouge  en Ile-de-France. La principale mesure déclenchée par le niveau d’alerte supérieur, « alerte attentat », consiste à mobiliser massivement les services publics pour leur donner une plus grande réactivité : les forces de l’ordre et les services de secours sont mis en état d’alerte, et des cellules de crise s’organisent à différents niveaux (ministères, gestionnaires d’infrastructures).

Côté transports, il est intéressant de noter que certains acteurs ont choisi de ne pas faire évoluer leurs consignes de sécurité, étant déjà à un niveau élevé depuis un an. C’est notamment le cas d’ADP, gestionnaire des aéroports de Roissy et d’Orly, qui a choisi de ne pas augmenter les contrôles réalisés à la douane ou aux points de filtrage. Il est en de même à la SNCF, où aucune mesure supplémentaire n’a été appliquée.

Du point de vue des utilisateurs des réseaux de transport, la hausse du niveau d’alerte a donc principalement consisté à renforcer les mesures existantes. Concrètement, les lieux publics à très forte fréquentation font l’objet d’une surveillance accrue, et d’un renforcement des contrôles (identité, fouille). Pour cela, les effectifs militaires déployés en Ile-de-France ont été multipliés par 7 entre le mercredi 7 janvier matin (450 hommes) et le lundi 12 janvier (3200 hommes). Ainsi, à la station RER La Défense, ou l’aéroport de Roissy, ne soyez pas surpris si votre chemin croise celui d’une patrouille armée, ou si un agent vous demande d’ouvrir votre sac à main.

 …Mais surtout davantage d’alertes déclenchées par les voyageurs

Si les mesures présentées n’affectent a priori pas directement la performance du réseau de transport, elles contribuent néanmoins à instaurer un climat de crainte, renforcé par une sensibilisation des voyageurs à l’identification de colis suspect (annonces sonores et affiches “Attentifs Ensemble” plus fréquentes dans les gares et stations de métro).

Une communication de la RATP témoigne de cette méfiance ambiante : depuis l’attentat de Charlie Hebdo (et la hausse du niveau d’alerte), le nombre de demandes d’intervention suite à une alerte au colis suspect a doublé.

Dans une interview à SNCF Radio, Guillaume PEPY, président de la SNCF, rappelle la vigilance à avoir pour limiter les alertes au colis suspect.

En effet, ces alertes sont souvent lourdes de conséquences pour les voyageurs : un périmètre de sécurité est mis en place autour du colis suspect, et la circulation est suspendue dans cette zone jusqu’à la fin de l’intervention. À la clé, une recrudescence des retards et perturbations a été constatée, aussi bien sur les réseaux urbains (métro, RER) que sur les grandes lignes (TER, Intercités, TGV)

En illustration, l’évacuation complète des lieux a été ordonnée pendant une heure le vendredi le 16 janvier en  gare de l’Est (Paris) suite à la découverte d’un bagage abandonné. En région, plusieurs vols ont été retardés  à l’aéroport de Nantes suite à une valise oubliée le 15 janvier.

En conclusion voyageuses et voyageurs, prenez vos précautions, et anticipez ces perturbations, qui risquent de durer car, à ce jour, aucune indication n’a été donnée à propos d’une baisse du niveau d’alerte.