Le 22 septembre 2018, Orly a été brièvement plongé dans le noir. Une coupure du réseau électrique RTE a, en effet, privé d’électricité l’aéroport, causant le retard d’une soixantaine de vols au décollage.

Ce n’est pas la première fois que le réseau ferré se retrouve en difficulté. En effet, deux incidents majeurs en 2017 avaient déjà perturbé les déplacements des usagers de la SNCF : une panne de signalisation en juillet et un dysfonctionnement informatique sur un poste d’aiguillage en décembre.

Ce qui s’est produit à Orly n’est cependant rien en comparaison de la panne géante de la Gare Montparnasse le 27 juillet dernier, qui avait perturbé le voyage de plus de 100 000 voyageurs et coûté plus de 11 millions d’euros à la SNCF, dont 8 millions ont été consacrés au dédommagement des usagers.

L’audition du Président du directoire François Brottes a révélé, le 21 septembre dernier, que 5 grandes gares françaises ainsi que l’aéroport d’Orly montrent des fragilités dans l’alimentation électrique et seraient donc susceptibles de se retrouver privés d’électricité.

Que s’est-il passé à Montparnasse ? Quelles en sont les causes ? Comment la crise est-elle aujourd’hui gérée ?

Retour sur l’incident de la Gare de Montparnasse 

Le 27 juillet dernier, un incendie s’est déclaré sur le poste électrique d’Harcourt à Issy-les-Moulineaux (92), entrainant d’importantes coupures d’électricité sur les villes de Malakoff, Vanves et Issy-les-Moulineaux. 55 000 foyers se sont ainsi retrouvés privés d’électricité pendant plusieurs jours.

Cette panne d’électricité a également gravement perturbé le fonctionnement du réseau ferroviaire de la Gare Montparnasse, à la veille d’un week-end de chassé-croisé estival.

SNCF Réseau a immédiatement pris plusieurs mesures, définies dans son plan de continuité d’activité en cas d’incident grave, pour rediriger les usagers vers d’autres gares à proximité et les informer de l’évolution de la situation. Le trafic a pu retourner à la normale progressivement quelques jours après la panne.

 

Quelle est l’origine de cette panne ?

Les causes de cet incendie restent encore indéterminées. François Brottes, Président du Directoire de RTE, a lui-même déclaré devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat « qu’il aimerait bien comprendre pourquoi et comment le feu s’est déclenché ». Si la surexploitation des câbles ou un manquement aux politiques de maintenance sont écartés, acte de malveillance, arc électrique ou réparation d’une ligne à proximité restent des causes à étudier pour résoudre le mystère de cet incident sans précédent.

L’enquête a d’ores et déjà souligné la fragilité d’alimentation de la gare Montparnasse mais aussi de plusieurs autres gares et aéroports. En effet, ces hubs de transport ne dépendraient que d’une seule source d’alimentation, contrairement à d’autres grands centres de transport. Il s’agit donc d’un problème de taille car aucun autre réseau électrique ne pourrait prendre le relais en cas de panne.

Selon RTE, cette configuration est due au manque de place pour installer des nouveaux postes électriques qui nécessitent des terrains de plusieurs hectares et d’être éloignés des habitations. L’installation d’un nouveau poste électrique a également un coût : 70 millions d’euros à l’unité.

Cependant, Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, dénonce également, lors de l’audition au Sénat du 19 septembre, « 15 ans de sous-investissements dans le réseau ferroviaire français classique » ce qui entraîne inévitablement un retard important pour remettre à niveau les infrastructures du réseau ferré. Le rapport Spinetta, publié en février dernier, avait déjà insisté l’état de dégradation du réseau ferré français

 

Aujourd’hui RTE et SNCF Réseau travaillent conjointement pour éviter un nouvel incident de ce type. Des solutions alternatives sont ainsi en cours d’étude, notamment la création de 8 liaisons pour assurer un secours d’alimentation électrique en toute circonstance. Cependant, il ne s’agirait que d’une phase transitoire et François Brottes a souligné que des mesures durables prendraient certainement plusieurs années.

Enfin, à l’instar de certains territoires insulaires ou zones isolées, un aéroport du sud de la France a opté pour une autre alternative : la mise en place d’un microgrid. Celui-ci est constitué de capacités de production d’énergies renouvelables (solaire photovoltaïque) qui étaient déjà installées, et d’une capacité de stockage pilotée. Ce dispositif vise non seulement à optimiser la production renouvelable, mais aussi la résilience en proposant une alimentation de secours en cas d’incident.

 

 

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