Souvent source de stress les trajets quotidiens des français se font rarement sans encombre. Qui n’a jamais entendu un de ses collègues se plaindre de son temps de trajet allongé à cause d’une panne, un accident, un bouchon et bien d’autres soucis ? Le manque de visibilité sur les trajets et le manque d’informations sont source de frustrations et irritations pour de nombreux français. Par ailleurs, 40% des français vivent en dehors des périmètres de transports urbains et font donc face à un véritable problème d’accessibilité les obligeant à prendre la voiture par défaut.

La SNCF, l’un des premiers groupes mondiaux de mobilité de personnes se retrouve donc comme un des principaux acteurs concernés par l’organisation et la gestion de la mobilité de demain.

Comment la SNCF, acteur traditionnel du transport en France peut-il saisir l’opportunité de la mobilité du quotidien pour se réinventer, innover et améliorer l’expérience de ses utilisateurs ?

La Mobilité du quotidien : une priorité pour le gouvernement

Une « mobilité pour tous et pour tous les territoires » : Elisabeth Borne, ministre du transport rappelle que la mobilité du quotidien s’inscrit comme un des enjeux majeurs du quinquennat d’Emmanuel Macron. Le gouvernement choisit de se concentrer sur les déplacements récurrents liés au travail, aux achats ou aux loisirs.

Les français, qu’ils soient en zone urbaine ou rurale, doivent pouvoir disposer de solutions de transports qui répondent à leurs besoins de tous les jours. Par conséquent l’enjeu majeur est de dépasser les limites du système actuel qui sont :

Dans cette optique, le gouvernement a innové en septembre 2017 avec « les Assises de la Mobilité » afin de préparer un chantier de réflexion en profondeur. Cela passe notamment par la construction de la Loi d’Orientation des Mobilités qui sera présentée au premier semestre 2018.

De par le manque de synchronisation des modes de transport et la rigidité du système il est nécessaire de revoir la mobilité d’aujourd’hui afin d’anticiper celle de demain. Aussi, la conception même de la mobilité a changé ; on ne considère non plus la distance à parcourir mais plutôt le temps passé à la parcourir.

De plus, le développement de la mobilité urbaine entraine une augmentation des exigences et attentes des utilisateurs. La communication entre les différents acteurs de la mobilité semble donc indispensable afin de répondre aux nouveaux enjeux qui ont émergés :

  • Une mobilité éthique : moins polluante, réduction de l’empreinte carbone
  • Une mobilité partagée & connectée : covoiturage, transport public, vélo etc.
  • Une mobilité accessible : par tous les français et sur l’ensemble du territoire

Un nouvel élan pour la SNCF

Face à ces nouveaux enjeux, la SNCF souhaite saisir l’occasion d’améliorer son offre et de repenser la vision traditionnelle du transport. Guillaume Pépy, président de la SNCF veut lui donner un nouvel élan en traitant la mobilité comme un véritable service.

C’est en considérant le voyage de porte à porte et en combinant les offres du transport que la SNCF veut s’inscrire durablement dans la mobilité de demain et conquérir de nouveaux utilisateurs. Pour ce faire, son objectif est de développer un assistant personnel de mobilité prédictif et personnalisé, disponible 24h/24, 7j/7 capable de définir le meilleur itinéraire, donner des informations en temps réel sur le trafic et faire des réservations.

Les Start-up alliées de la SNCF pour relever le défi de la mobilité au quotidien

Dans le but d’offrir le meilleur service possible à ses usagers, la SNCF a organisé le concours MoveTech Challenge à destination des start-ups du transport pour les challenger autour de quatre thématiques :

  • Information et planification de déplacements
  • Services personnalisés et uniques
  • Expérience fluide et interactive
  • Autres enjeux des déplacements au quotidien

Aussitôt annoncé, une soixantaine de start-up ont relevé le défi et 6 start-ups ont été présélectionnées pour être accompagnées par des experts du Groupe SNCF afin de développer un prototype fonctionnel.

Suite au Démo Day du 19 décembre, 3 start-ups ont été retenues.  Elles ont reçu des prix allant de 5 000€ à 15 000€ de la part de la SNCF ainsi qu’un accompagnement avec l’un des accélérateurs de start-ups suivants : NUMA, le programme ACT 574 de OUI.sncf ou encore le programme Jeune Pousse de SNCF Développement.

  • Prévision.io : cette start-up développe une plateforme entièrement automatisée pour faire du machine learning à partir de jeux de données historiques. Elle s’entraîne et apprend grâce aux données et peut ainsi prédire des variables cibles.  Prevision.io a remporté le challenge grâce à l’application Citymove qui améliore la mobilité du quotidien en prédisant les retards et en gamifiant le parcours de l’usager : gain de points si l’utilisateur respecte la solution alternative de transport proposée par l’application.
  • Roofstreet: ils ont mis en place une application d’Intelligence Artificielle (Veery AI) qui prédit les intentions de trajets de chaque usager, calcule l’impact sur le réseau et peut rassurer ou avertir l’usager avant son départ. L’IA suit les trajets de chaque mobinaute, identifie ses points d’intérêt et habitudes de déplacements. Ces informations couplées à l’étude de données tierces (météo, grèves, état du trafic…), l’application peut prédire les déplacements futurs, les horaires d’arrivée et de départ ainsi que les itinéraires les plus probables.
  • The Train Brain : cette solution utilise un algorithme qui permet de prédire le retard des trains ce qui permet aux utilisateurs de les éviter et de mieux planifier leurs déplacements.

Finies les heures d’attentes interminables, il sera possible d’anticiper et grâce à l’assistant de mobilité d’avoir des alternatives en temps réel. La SNCF mise donc sur un assistant personnel de mobilité personnalisé afin de relever les défis de la mobilité du quotidien. Elle s’appuie sur la combinaison des différentes offres de transport du marché pour garantir aux français une mobilité éthique, partagée et accessible. En attendant, on suivra de près les innovations de la SNCF afin de savoir si elle parviendra à s’inscrire comme « leader de la mobilité de demain.