La technologie NFC est la plus utilisée des technologies sans contact dans le transport ferroviaire aujourd’hui. Le NFC  pourrait alors remplacer le ticket métro sur support papier dans quelques années. Au-delà de la simplification du parcours d’achat et de validation pour les voyageurs, quels avantages pour les opérateurs de transport ?

Aujourd’hui il existe en Île-de-France deux types de technologiques de billettique cohabitant au sein du réseau de transport francilien : un support de billet magnétique ( le “ticket de métro” qui représente 20% des validations de titres) et un support télébilletique qui comprend un système de validation sans contact utilisé dans le pass Navigo aujourd’hui majoritaire. Cependant, l’Ile-de-France a encore une marge de progression en ce qui concerne la dématérialisation des tickets de transport. Londres et Amsterdam sont par exemple beaucoup plus avancées en la matière. Le STIF affiche désormais sa volonté de transformer la billettique francilienne, comme précisé dans le récent contrat avec les transporteurs d’Ile-de-France, et souhaite tendre vers une suppression du ticket magnétique d’ici à 2021.

La disparation du ticket métro papier au support magnétique est donc imminente, en France comme ailleurs. Les grands consommateurs de la billetterie magnétique sont des voyageurs occasionnels, des touristes et franciliens qui n’utilisent pas les transports de manière régulière. L’enjeu est alors de moderniser le système francilien en s’appuyant sur les technologies sans contact, ce qui permettra une harmonisation des services offerts et un usage plus innovant du transport.

La technologie Near Field Communication prisée dans le transport ferroviaire

Dans le secteur du transport ferroviaire, les technologies sans contact sont de plus en plus prisées. Le NFC est l’exemple le plus courant dans le monde. Le terme NFC (Near Field Communication) désigne une technologie ne nécessitant pas de contact physique au sens propre entre appareils équipés, qu’ils soient les téléphones mobiles, tablettes, cartes et autres objets utilisant la norme ISO 14 443 ou des équivalents propriétaires.

<strong>Un homme paie son billet de transport avec son téléphone mobile</strong>

Un homme paie son billet de transport avec son téléphone mobile

Grâce au déploiement de cette technologie sur mobile, les usagers peuvent acheter et valider leurs billets sur leurs smartphones. Ceci simplifie leur parcours en éliminant l’obligation de se rendre aux guichets et aux bornes. En raison d’une grande quantité de données acquises des smartphones équipés de la technologie NFC, les opérateurs de transport peuvent améliorer également la connaissance de leurs clients.

Le NFC n’est pas la seule technologie sans contact qui permet une communication instantanée entre appareils, cependant il se distingue du Bluetooth par sa courte portée, qui lui confère plusieurs avantages fonctionnels :

\ Le NFC est plus rapide. Les appareils doivent être à moins de 4 centimètres l’un de l’autre. Ceci limite les interférences d’autres appareils communicants qui ‘tenteraient’ de se connecter

\ Le NFC est moins gourmand d’énergie que le Bluetooth, du fait notamment de l’utilisation plus faible grâce à la courte distance entre appareils

\ Le NFC ne requiert pas une activation manuelle comme le Bluetooth, car les appareils peuvent se connecter automatiquement en une demi-seconde.

L’écosystème NFC est complexe dans sa mise en place

Mais l’écosystème NFC reste complexe à construire pour les opérateurs de transport. Il nécessite une coordination d’un grand nombre d’acteurs, ce qui le rend très coûteux. Le développement du NFC est basé sur un ‘secured element’, un composant installé dans le smartphone qui permet la communication instantanée.

Pour un modèle de téléphone dans lequel le ‘secured element’ qui hébergerait l’application est la SIM, plusieurs architectures à différents niveaux devront dialoguer afin que la technologie NFC soit opérationnelle : le fabricant du smartphone (Samsung, Google et Apple ont d’ores et déjà développé des mobiles compatibles avec la technologie NFC), le fournisseur du système d’exploitation du téléphone (Android, IoS, Windows Phone, Blackberry OS etc), le propriétaire de la SIM (Gemalto etc), le propriétaire de l’application mobile (l’autorité organisatrice de transport tel que le STIF pour Ile de France), l’infrastructure de lecture ou d’acceptation (utilisé par les valideurs à quai ou à bord) et une infrastructure de paiement sans contact interopérable avec d’autres secteurs (nécessitant une implication des banques pour sécuriser les données de paiement et éviter le risque de fraude ou vol des données).

La carte Oyster pour les transports en commun à Londres

La technologie NFC a déjà été adoptée par différents transporteurs publics dans le monde, dans le but de restreindre l’accès au réseau de transport aux individus détenant un badge ou une carte à puce.

En France, le Navigo a été mis en place par la RATP pour permettre aux utilisateurs d’accéder à toute ou partie du réseau de transport public. A Londres, un système plus complexe existe,  la Oyster Card. Il permet de charger un crédit et de le consommer de manière progressive en prenant en compte le coût du trajet calculé en fonction des entrées et sorties du voyageur

 

 

L’intérêt opérationnel et financier d’investir dans la technologie NFC

Les opérateurs transport qui adoptent la technologie NFC peuvent proposer une solution de billettique électronique entièrement sur mobile. Les bénéfices aux opérateurs sont nombreux, tant fonctionnels qu’économiques.

 / L’interactivité est très élevée grâce à une interface du smartphone et à son microcosme d’applications, ce qui permet aux opérateurs d’interagir avec leurs clients. Cette interaction résulte en une compréhension fine des besoins client et permet d’améliorer les services (simplification du parcours client, transmissions des informations du trafic en temps réel sur son smartphone).

 / La sécurité des données voyageurs est renforcée grâce à la possibilité de verrouiller l’interface avec un code et d’activer ou non un transfert d’argent pour paiement des trajets.

 / L’adoption de la technologie est facilitée car l’utilisation des smartphones est déjà intuitive et simple pour la plupart des voyageurs. Ceci limite le temps d’apprentissage des usagers et assure un bon taux d’adoption dès le lancement.

 / La possibilité de proposer d’autres offres personnalisées aux clients (up-selling et cross-selling) par les opérateurs de transport, selon la localisation, temps de voyage, habitudes et fréquence de voyageurs. Grâce à une grande quantité de données, il est en effet possible d’analyser les habitudes de consommation d’un ou plusieurs voyageurs. Aussi, l’accès aux données de trajets permettra aux opérateurs de mieux gérer les pics d’affluence dans les réseaux de transports.

 / Les coûts d’exploitation sont réduits grâce à la suppression des bornes et guichets non-nécessaires. Transport for London (TFL), autorité organisatrice des transports de Londres, a ainsi vu une réduction de ses coûts avec l’introduction des cartes sans contacts. Dans certaines villes, on constate une baisse de 30 à 40% d’achat des billets à bord sur les bus, grâce aux moyens de paiement sans contact et sur mobile. Ceci réduit le temps passé par le conducteur à chaque arrêt, à vendre des billets et à chercher la monnaie. Ainsi, l’efficacité opérationnelle d’une route est au rendez-vous car il est possible de minimiser le nombre de bus nécessaires dans la journée et de constater une baisse de coût de l’opération des flottes.

En somme, les e-billets sur mobile permettent au voyageur d’être générateur et consommateur de l’information. Ainsi, de l’achat et paiement, à la validation et contrôle, le parcours client devient moins compliqué après une dématérialisation complète du titre de transport.

Pour le voyageur, un gain en temps traduit en satisfaction. Pour les opérateurs de transports, celui-ci conduit à sa fidélisation et des bénéfices au top-line (plus de revenus récurrents) et au bottom-line (réduction des coûts opérationnels).