On entend souvent parler des avancés des voitures autonomes, mais beaucoup moins des bus qui peuvent rouler sans l’intervention de la part d’un chauffeur. Or les bus automatisés représentent un véritable défi dans le cadre de la mobilité urbaine. Mercedes saisit cet enjeu et présente son nouveau prototype : le Mercedes-Benz Future Bus CityPilot.

Une solution adaptée aux nouvelles problématiques

Mégalopoles, embouteillages, problèmes environnementaux – les problématiques sont les mêmes sur tous les continents. Dans ces circonstances le bus autonome est une solution prometteuse car il fonctionne de manière plus sure et efficace que les bus conventionnels : sa conduite automatique enlève les erreurs humaines et permet une optimisation de la consommation du combustible.

Les villes sont actuellement en pleine transformation et restructuration pour permettre une meilleure prise en compte des nouveaux types de véhicules comme les voitures électriques ou autonomes. A ce titre, une dizaine de villes à travers le monde expérimentent actuellement ces voitures dans les rues. Aux Etats-Unis, la ville de Columbus dans l’état de l’Ohio a remporté en juin dernier un challenge mis en place par le département fédéral du transport et s’est vu attribuer la somme de 50 millions de dollars pour mettre en place un système de bus autonome dans la ville.

 

Le bus du futur

En juillet dernier,  Mercedes-Benz a donné un aperçu sur  l’avenir des transports en commun en dévoilant son bus baptisé Mercedes-Benz Future Bus. Ce véhicule ressemble à tous les autres bus actuellement en service à une exception près : il embarque la toute dernière technologie City Pilot qui a déjà été expérimentée sur le poids lourd de la marque, l’Actros. Le Futur Bus, semi-autonome, combine connectivité, systèmes de caméras, radars et permet d’arpenter les rues sans avoir recours à un chauffeur même si celui-ci  peut se tenir prêt à reprendre le volant en cas de défaillance.

L’objectif de Mercedes : le bus doit se fondre dans son environnement, à la fois en matière de design extérieur et intérieur et de technologie employée, pendant qu’il se déplace et communique avec son environnement.

 

La technologie au service de la mobilité

La technologie CityPilot,  est capable de reconnaître les feux, de communiquer avec eux par Wi-Fi et de négocier en toute sécurité les intersections afin d’éviter des collisions avec les environnements sur le passage . Il peut également reconnaître des obstacles, en particulier les piétons sur la route et même ceux surgissant de nulle part afin de freiner de manière autonome. Lorsqu’il se rapproche d’un arrêt de bus, le système vient se garer au plus près du trottoir et active le système d’ouverture/fermeture des portes automatiquement. Afin de réaliser l’ensemble des actions précédentes, le système embarque pas  moins de 10 caméras pour balayer la route et l’environnement du véhicule. Parmi ces derniers, il est à noter la présence de quatre capteurs radar à courte portée  surveillant les distances de 50 cm à 10 m devant le bus et deux caméras stéréo allant jusqu’à 50 mètres et offrant une vision 3D et la reconnaissance d’obstacles. La route est reconnue par des systèmes de radar à courte et longue portée, tandis que le GPS et des caméras sont utilisés pour déterminer la position la plus exacte du bus par rapport à son environnement.

 

Les capteurs présents dans le CityPilot

Les capteurs présents dans le CityPilot

Grâce à la prise en compte de toutes les données, celles-ci créent une image extrêmement précise de l’environnement et permettent au véhicule de manœuvrer à quelques centimètres des objets rencontrés sur le parcours.

Un design intégré pour améliorer l’efficacité et la sécurité a été soigneusement réfléchi. Mercedes affirme avoir été inspirée par les places des villes et par les parcs. L’intérieur est spacieux avec des barres d’appui inspirées des branches et des lumières au plafond qui ressemblent à une canopée.

Le bus peut atteindre une vitesse maximale de 70 km/ h, ce qui est relativement rapide pour un véhicule automatisé qui ne dépasse normalement pas les 30 km/h. Le conducteur n’a ni besoin d’accélérer, ni de freiner ou de tourner le volant, mais il peut prendre le contrôle en cas de besoin. La technologie CityPilot est censée améliorer la sécurité en éliminant l’erreur humaine et l’efficacité puisque son style de conduite préventive et tout en douceur permet d’économiser l’usure du véhicule tout en réduisant la consommation de carburant et des émissions de gaz.

Test du transport de demain

Le Future Bus intégrant la technologie CityPilot est actuellement en phase de tests sur la route Airport Line 300 entre l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol et Haarlem aux Pays-Bas. Le tronçon de 19 km, séparé des routes principales de la circulation, dispose de virages serrés, de tunnels et de vitesses élevées, ainsi que de 11 arrêts et d’environ 25 feux de circulation afin de reproduire un environnement réel. Cela en fait une route idéale pour démontrer la viabilité du véhicule.

 

Cette démonstration est un test grandeur nature de ce qui pourrait être une composante essentielle des systèmes de transport en commun à venir. Ces bus ont un potentiel de faire évoluer le  service et fluidifier le trafic. Les Future Bus pourraient donc un jour peupler les  routes de nos villes !

[Dossier bus urbain]