Après avoir abordé les 3 premiers challenges liés au secteur de l’énergie sur Energy Stream, intéressons-nous maintenant aux 3 challenges liés au secteur des transports :

Comment donner confiance aux parisiens pour que les mobilités, autres que transports en commun et voiture individuelle, deviennent des options du quotidien ?

Proposé par la MAIF, ce challenge a pour objectif de trouver les leviers permettant d’améliorer l’expérience voyageur dans le nouvel environnement formé par les nouvelles mobilités afin d’en augmenter la fréquence d’utilisation.

Le challenge est lancé en partenariat avec Europcar Mobility Group, RCI Bank and Services, la Ville de Paris

Les nouvelles mobilités sont l’affaire de tous : de la production de véhicules à l’exploitation commerciale, en passant par le développement de plateformes et la régulation de la circulation, le concept de MaaS bouleverse les équilibres historiques et donne l’occasion à tous les acteurs concernés par la mobilité de réinventer leur offre de services et d’en faire un écosystème intelligent et intégré de bout-en-bout.

Pour cela, l’adhésion des utilisateurs est indispensable. L’expérimentation est la voie de la démocratisation. L’initiative Rouen Normandy Autonomous Lab en est une illustration forte : un constructeur, un opérateur de transport, un assureur et une collectivité s’associent pour tester de nouveaux services de mobilité pour anticiper les usages de demain et résoudre des problématiques inédites.

Une approche différente est ainsi nécessaire pour proposer de tels services. La transition des constructeurs, passant de fournisseurs de véhicules à fournisseurs de mobilités, à travers de nouvelles marques dédiées (dont la dernière en date, M de Volvo) en est un exemple clé : la voiture personnelle est dépassée par l’usage du véhicule pour des services de covoiturage, d’autopartage, de VTC… qui seront pour beaucoup dans un avenir de plus en plus proche, autonomes.

Plus encore, des initiatives alliant transports en commun et services de mobilité regroupant voitures, vélos, et bientôt mini-vans et trottinettes existent dans plusieurs villes d’Europe et sont vouées à se généraliser, comme par exemple Whim à Helsinki ou Moovel à Stuttgart.

Cependant, beaucoup peut encore être optimisé pour améliorer l’expérience voyageur à bord du véhicule. Des pistes existent comme par exemple le divertissement (AR/VR, musique, VOD…) ou encore la vente de produits (NAVYA et son Autonom Cab permettant de commander des boissons ou des places de cinéma à bord, ou Uber et son partenariat avec Cargo, le mini-distributeur de snacks pour VTC…).

Comment améliorer les politiques de mobilité par l’analyse des flux de véhicules dans la ville ?

Proposé par RCI Bank and Services et Karhoo, ce challenge vise à mieux connecter les données des nouveaux acteurs de la mobilité avec la ville de Paris pour fournir plus de détails et d’anticipation dans l’évolution des flux de véhicules.

Le challenge est lancé en partenariat avec Europcar Mobility Group, Shell, et la Mairie de Paris

L’augmentation de la densité de la population dans les villes conjuguée à la multiplication des solutions de transport disponibles et à venir nécessite d’optimiser les flux et l’aménagement urbain pour conserver la qualité de vie aussi bien des habitants que des usagers des transports.

Force est de constater que les données émises par chaque acteur sont extrêmement fragmentées, et difficiles à agréger pour en obtenir toute la richesse. Le challenge a ainsi pour but de trouver une manière de faire participer les intervenants et de construire une solution pérenne de collecte et d’exploitation des données.

La priorité est donnée au courses de VTC, dans un premier temps. Cela pourrait par exemple s’apparenter à des projets tels que Sauv Life de Uber, pour prévenir les urgences de prise en charge de personnes souffrantes.

Aussi, la future loi LOM vise à définir un cadre réglementaire allégé et transparent pour l’expérimentation publique et privée. Elle encadrerait juridiquement l’architecture des plateformes numériques pour protéger les opérateurs de transport en définissant des protocoles d’anonymisation de leurs données.

L’échange de données est donc un axe clé à développer, et nombreux sont les acteurs concernés : constructeurs, loueurs, opérateurs de transport, assureurs, publicitaires… et acteurs publics.

Comment permettre aux usagers des transports publics de zones mal desservies d’optimiser leurs voyages quotidiens domicile/travail via un service de transport à la demande ?

Proposé par Shell, ce challenge vise à trouver des solutions modulables et adaptées à des situations trop spécifiques pour y déployer des infrastructures lourdes ou des points de parcours trop figés.

A Paris, comme dans les autres grandes villes, le réseau de transports en commun est fixe : métro, trams, bus… les infrastructures sont lourdes. Cependant, à l’ère du numérique, les usagers ont besoin de plus de liberté et de customisation de leur trajet. Les infrastructures lourdes ne seraient pas la bonne réponse à des besoins très personnalisés, à des horaires particuliers, où la demande ne suffirait pas à couvrir les coûts.

Dans ce cadre, Shell nous souhaite tester un système de navette à la demande dans les zones mal desservies par ces infrastructures répondant au plus grand nombre. L’objectif est de rendre les itinéraires domicile-travail beaucoup plus fluides et agréables pour les passagers.

Ce modèle commence à se développer à travers des services tels que Chariot (Ford) à New York et Londres notamment, ou à des expérimentations comme Lyft Shuttle. Qu’il s’agisse de trajets prédéfinis avec des arrêts virtuels (sans abris bus), à des horaires variables (évolution de la régularité en fonction de la demande, où passant par des points précis en fonction des passagers (modèle d’Uber Pool), les possibilités sont nombreuses.

Comment suivre ces trois challenges ?

Actuellement en train d’être formées, les équipes sont en quêtes de nouveaux partenaires. Le processus de sélection commencera le 10 septembre 2018, au NUMA. Pour chaque challenge, les équipes vont chercher à comprendre les contraintes, les freins et les besoins des usagers de la mobilité en Ile de France.

Enfin, l’éape finale aura lieu le 31 janvier 2019, avec un DemoDay pour voir les résultats et clôturer cette saison 2 de CityMakers. Ce rythme de sept mois permettra de construire très rapidement des solutions pertinentes pour l’usager, qui auront un véritable impact business pour les entreprises demain.

 

Pour plus d’informations : https://fr.citymakers.io/challenges-2