Selon la fondation Ellen MacArthur, les secteurs de l’alimentation, des transports et du bâtiment représentent à eux seuls 80% de l’utilisation des ressources en Europe. En mettant en place une économie circulaire dans ces secteurs clés, ce sont 1,8 trillion d’euros de bénéfices indirects annuels et 48% de réduction des émissions de CO2 qui pourraient être réalisés dès 2030.

Mais qu’est-ce que l’économie circulaire et comment sa mise en œuvre se traduit-elle concrètement dans le secteur des transports ?

L’économie circulaire fait le lien entre croissance et préservation de l’environnement

L’économie circulaire a été définie par opposition à l’économie linéaire qui consiste à extraire les ressources, les consommer puis les jeter. Dans l’économie circulaire, l’ensemble du cycle de vie du produit est éco-conçu afin d’optimiser l’utilisation des ressources et de limiter son impact lors de sa construction, de son utilisation mais aussi en fin de vie. Dans la configuration optimale, les déchets des uns deviennent les ressources des autres.

Comment l’économie circulaire peut-elle s’appliquer dans les transports ?

Dans le secteur des transports certaines entreprises mettent déjà en place des initiatives en faveur de l’économie circulaire, en voici quelques exemples.

Renault sur la route de l’économie circulaire

Partenaire privilégié de la fondation Ellen MacArthur, le groupe Renault intègre depuis plusieurs années les principes de l’économie circulaire et plus particulièrement de l’éco-conception de ses véhicules.

En privilégiant les matières dites secondaires, issues du recyclage, et en concevant des voitures faciles à réparer, le groupe parvient à économiser 80% d’eau, d’énergie et de produits chimiques. Certaines voitures sont ainsi recyclables à 90% et composées à 36% de matériaux recyclés.

Cette politique répond à des enjeux environnementaux mais également économiques puisqu’elle permet une réduction significative des coûts et augmente l’indépendance du groupe vis-à-vis de la variation des matières premières.

Avec l’économie collaborative, nous sommes tous acteurs de l’économie circulaire

Une voiture est garée en moyenne 92% de son temps. C’est le constat fait par Communauto, qui propose des véhicules en libre-service, disponibles 24h/24, 7 jours sur 7. En facilitant l’accès à une voiture pour les utilisateurs occasionnels, ce service permet ainsi de réduire le nombre de voitures par habitant.

L’économie collaborative de façon générale est une composante à part entière de l’économie circulaire dans la mesure où elle mutualise et optimise la répartition des ressources. Dans les transports on pourrait également citer WeTruck ou encore Blablacar, une formidable plateforme d’optimisation des ressources lorsque l’on sait qu’en moyenne une voiture ne transporte qu’1,5 personne alors qu’elle peut en compter 5.

Pour aller plus loin sur l’économie collaborative, retrouvez cet article sur la place des acteurs historiques dans cette nouvelle forme de mobilité.

Ferroviaire : La RATP se met aux énergies renouvelables

Dans le cadre du projet Grand Paris Express, le service de transport bien connu des franciliens est en train de prolonger certaines lignes de métro et notamment la ligne 14.

Pour répondre aux besoins de chaleur et de refroidissement de ces nouvelles stations, la RATP a décidé d’opter pour la géothermie. Ce système réutilise la chaleur du sol pour chauffer un circuit de fluide caloporteur eau-glycol, permettant une économie de CO2 de 50% !

Grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables, la RATP réduira également ses coûts à terme et s’assure une indépendance énergétique, importante au vu de la variation du coût des matières premières.

De plus, pour exploiter au maximum le potentiel géothermique des stations les moins énergivores, le captage sera également utilisé pour chauffer 80 logements d’un programme immobilier près de la mairie de Saint-Ouen (Ile-De-France).

Aérien : Tarmac Aerosave fait décoller l’économie circulaire

Pour répondre à la problématique du démantèlement des avions, Airbus, Suez et Safran ont créé  l’entreprise Tarmac Aerosave il y a 10 ans.

Lorsqu’un avion arrive dans l’entrepôt, les équipes commencent par vider l’ensemble des équipements tels que les moteurs, boîtiers électroniques, roues, freins, éléments de cabine et autres. Cela représente en moyenne 1000 pièces, qui pourront ensuite être revendues sur le marché des pièces détachées par le propriétaire de l’avion.

C’est après cette étape que le démantèlement commence. Actuellement, 92% des éléments d’un avion peuvent être revalorisés. Le plus gros enjeu se situe désormais sur le recyclage de la fibre carbone qui constitue un potentiel de valeur important, avec notamment des débouchés significatifs dans le secteur automobile.

Quels obstacles à franchir ?

Malgré ses bénéfices économiques et écologiques indéniables, la transition vers une économie circulaire se fait encore doucement.

Ceci peut s’expliquer assez facilement par la complexité du processus, notamment dans un secteur comme le transport où les changements dans la chaîne logistique nécessitent de lourds investissements.

La rentabilité de tels investissements est souvent constatée à long terme. Les investissements initiaux de géothermie pour le prolongement de la ligne 14 du métro parisien seront par exemple amortis par un coût de fonctionnement réduit au bout de 17 ans.

De plus, l’exemple de Tarmac Aerosave montre que les débouchés des matériaux ne sont pas forcément internes et que par conséquent l’économie circulaire nécessite la création d’un réseau. C’est dans ce contexte que naissent des entreprises telles que I-Nex. Son objectif est de mettre en relation différents acteurs, en créant des réseaux d’entreprises qui s’échangent des matières. Globalement, des actions doivent être mises en place à l’échelle des territoires.

Faisant le lien entre croissance et préservation de l’environnement, l’économie circulaire semble être la meilleure solution apportée jusqu’à présent pour faire face à la rareté des ressources. Le 2 décembre 2015 la commission européenne a, par ailleurs publié un plan d’action de transition vers l’économie circulaire avec des objectifs à atteindre entre 2020 et 2030. L’État français y voit notamment un fort vivier de création d’emplois relocalisés (estimé entre 200 000 et 400 000) et apporte un soutien institutionnel fort à cette transition.

Ainsi, malgré la complexité de la transition d’une économie linéaire à une économie circulaire, il semble que cette dernière ait de beaux jours à venir avec des opportunités de plus en plus nombreuses.