L’aéronautique, un secteur durement affecté par la crise du Covid-19 

Le trafic aérien mondial connaît une crise sans précédent. Selon le président de l’Association internationale du transport aérien (IATA), il s’agirait d’une crise plus sévère que celle qui a suivi la crise financière de 2008 ou encore, de celle du 11 septembre 2001. Parmi les nombreux secteurs mis en difficulté par la crise sanitaire, l’aérien apparaît comme l’un des plus touchés [1]. Avec une baisse du chiffre d’affaires pour l’année 2020 estimée à 328 milliards de dollars pour l’ensemble du secteur, les acteurs de la filière aéronautique ont manifesté la nécessité d’être financièrement aidés par l’État pour favoriser une relance économique rapide et réussie. Le transport aérien ayant un fort impact sur la filière du tourisme, la redynamisation de l’aérien devient de plus en plus urgente pour revitaliser ce secteur qui représente aujourd’hui plus de 8,5% du PIB français. 

En France, le gouvernement a affirmé sa volonté d’épauler le secteur en proposant un plan de soutien à la filière aéronautique. En effet, pour relancer l’aérien, des membres du gouvernement dont Jean-Baptiste Djebarri, ministre délégué aux transports et Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire ont présenté, début juin, le plan de soutien à la filière aéronautique [2][5].  Ce plan de 15 milliards d’euros d’aides adopte trois directions principales avec un seul et même objectif tourné vers l’avenir du secteur : produire en France les avions et les hélicoptères propres de demain pour conserver notre place de nation leader de l’aéronautique sur la scène internationale. 

Pour cela, 1,5 milliard d’euros d’aides publiques sur les trois prochaines années seront directement consaces à la R&D et à l’innovation. Avec une première enveloppe de 300 millions d’euros débloquée dès 2020, l’objectif final est de propulser la France au premier rang des pays les plus avancés dans les technologies de l’avion propre [2]. Cela ne pourra se faire essentiellement que par la préparation des prochaines ruptures technologiques telles que l’avion à hydrogène ou les soufflantes non-carénées. 

Dans ce contexte inédit, plusieurs innovations semblent s’aligner avec ces nouvelles thématiques pour répondre aux enjeux de la décarbonation de l’aéronautiqueEn France mais aussi à l’international, une course à l’innovation se met en place, le nombre de travaux de recherche et d’innovation pour le développement de l’avion bas carbone ne cesse de croître.  

La crise du COVID-19 ouvre aujourd’hui de nouvelles opportunités au secteur aérien. Suite au plan de soutien à la filière aéronautique, la relance économique va fortement miser sur une aviation plus verte [3]. Avec le développement de nouvelles technologies permettant la décarbonation, le transport aérien innove pour lutter contre le réchauffement climatique. 

Les constructeurs et les motoristes innovent plus que jamais pour imaginer l’aviation bas carbone de demain. Mais, aujourd’hui, où en sont donc les projets ?  

Quelles technologies pour développer l’avion bas carbone ? 

« Réduire, d’ici à 2050, les émissions de CO2 de moitié par rapport au niveau de 2005, tout en limitant la hausse des émissions nettes de CO2 d’ici à 2020. » [3] c’est l’engagement que les constructeurs et laboratoires de recherche ont réaffirmé pour atteindre les objectifs du secteur en matière d’empreinte carbone. 

Lors du salon du Bourget 2019, ce sont sept grands acteurs de l’aéronautique dont Airbus, Dassault et Safran qui se sont manifestés pour affirmer leur volonté de répondre à ces engagements grâce à trois pistes technologiques : l’amélioration de l’existant, les biocarburants, et l’électrification des appareils. Plusieurs projets au sein de ces grands groupes préparent le futur de l’aviation commerciale. 

Zoom sur 3 technologies clés de l’avion bas carbone 

Alors que de nombreuses innovations voient le jour dans l’industrie aéronautique, certaines de ces innovations peuvent être des solutions aux nouveaux défis posés par le développement d’une aviation plus durable.

L’avion bas carbone, vers un mix technologique

Le développement de l’avion bas carbone se fera en plusieurs étapes. L’entrée en service d’appareils plus légers grâce à de nouveaux matériaux semble être la première étape à franchir. Le développement de moteurs hybride-électrique plus sobres énergétiquement et la généralisation des carburants alternatifs en seront des nouvelles. L’avion bas carbone consistera alors à coupler ces différentes avancées technologiques pour pouvoir toucher du doigt le concept des avions propres de demain.  

Cependant, les technologies de rupture semblables à l’hydrogène ou aux nouvelles architectures moteurs ne semblent pas envisageables à mettre en place d’ici 2035. La complexité de l’industrie aéronautique rend les cycles d’innovation beaucoup plus longs que dans les autres secteurs. Le temps sera donc le paramètre majeur à piloter pour espérer voir voler un avion bas carbone avec des technologies de rupture à l’horizon 2035.  

Chronologie de l’avenir de l’aviation

Le chemin vers une aviation plus durable se fera donc en plusieurs étapes. Aujourd’hui, les technologies telles que les bio-carburants ou l’hydrogène ne sont pas au même stade de maturité :

Le Big Data pour l’aviation bas carbone ?

Le Big Data a également un rôle à jouer dans le développement de l’aviation bas carbone. De nombreux programmes de recherches portant sur l’optimisation des plans de vol par l’aplanissement de la trajectoire dans les phases de décollage et d’atterrissage ont vu le jour ces dernières années [9]. Cela permet d’éviter une surconsommation de carburants lors de ces phases énergivores. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il de ces programmes ? 

 

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